Une plongée au cœur de la médecine légale

Jérôme Gicquel
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A l'institut médico-légal du CHU 
de Rennes, le vivant côtoie le mort.
A l'institut médico-légal du CHU de Rennes, le vivant côtoie le mort. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Justice et médecine ont beau travailler ensemble au quotidien sur certains dossiers, il est pourtant rare que ces deux mondes se rencontrent. L'occasion leur était donnée mercredi matin avec la visite de Véronique Malbec, procureure générale près la cour d'appel de Rennes, au sein de l'institut médico-légal du CHU de Rennes. Un lieu à l'abri des regards et souvent fantasmé dans les séries télévisées américaines. « On n'est pas dans»Les Experts Miami«ici. Les médecins légistes ne sont pas toutes blondes et ne portent pas des talons hauts », sourit le Pr Mariannick Le Gueut, chef du service de médecine légale et pénitentiaire.

Le mort et le vivant


L'activité des médecins légistes ne se résume pas non plus à manier le bistouri sur des cadavres. « Ça en fait partie bien sûr, mais les autopsies ne représentent que 6 % de l'activité du service. La médecine légale pose un diagnostic sur le mort mais aussi sur le vivant », indique le Pr Le Gueut. L'an dernier, 5 371 examens de victimes vivantes ont ainsi été réalisés dans le service. « On requiert nos services pour constater la nature des blessures, physiques ou sexuelles, et fixer la durée d'incapacité totale du travail. On nous sollicite aussi pour savoir si l'état des personnes est compatible avec un placement en garde à vue », détaille le Dr Marlène Abondo, psychiatre et médecin légiste au sein du service.

■ Mineurs auditionnés

Le service de médecine légale du CHU accueille depuis juin 2013 une unité d'audition des mineurs, autrefois installée à l'Hôtel de police. Un lieu choisi « pour diminuer le potentiel traumatisant d'une audition », explique le Dr Marlène Abondo.