Le cinéma avec entrain

Jérôme Gicquel

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Programmateur de l'Arvor, Jacques Fretel l'est aussi au Ciné TNB.
Programmateur de l'Arvor, Jacques Fretel l'est aussi au Ciné TNB. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

C'est avec plus d'un an de retard que l'Arvor fêtera ses 30 ans de présence dans la rue d'Antrain (lire encadré). L'histoire d'amour a démarré le 1er janvier 1983. Six mois plus tôt, l'équipe de bénévoles était priée de quitter la rue Saint-Hélier, où était installé le cinéma depuis plusieurs années. « Le diocèse, qui était propriétaire des lieux, a monté une cabale contre nous après la projection de films qui parlaient de l'IVG ou de l'homosexualité », se souvient Jacques Fretel, programmateur des lieux. Un mal pour un bien car l'équipe de l'Arvor, soutenue par la municipalité d'alors, dispose dans ses nouveaux locaux de deux écrans, contre un seul rue Saint-Hélier. « Si on était restés là-bas, on serait morts », assure Jacques Fretel.

Direction la gare en 2018


Depuis lors, l'Arvor est resté fidèle à la rue d'Antrain et à sa vocation première. « Ce cinéma est une fenêtre ouverte sur le monde, un lieu d'expression citoyenne », indique Jacques Fretel, fier du travail accompli dans ce cinéma « qui fait partie des cinquante meilleurs lieux d'art et essai sur le territoire ». Mais le succès a un prix et l'Arvor et ses 373 sièges se retrouvent désormais à l'étroit dans ses locaux de la rue d'Antrain, « sans possibilité de s'agrandir ». L'avenir du cinéma s'écrira donc sur l'îlot Paul Féval, dans le futur quartier EuroRennes, où un cinéma d'art et essai de cinq salles sortira de terre à l'horizon 2018. Quant à l'avenir de l'actuel cinéma rue d'Antrain, qui est propriété de la ville, Jacques Fretel a déjà sa petite idée. « Avec mon frère Patrick (président de l'Arvor), on a toujours imaginé en faire une maison du cinéma pour les différents acteurs bretons. C'est une idée que l'on a mais nous n'en aurons pas la maîtrise », conclut le cinéphile de 62 ans.

■ Sourire à 30 ans

Pour fêter l'événement, l'Arvor proposera tous les mardis jusqu'au 29 avril un cycle « 30 ans dans le monde ». Clap de début ce mardi avec la projection du film brésilien « Il était une fois Veronica ».