Vite reconstruire pour oublier

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Des pompiers au travail le 6 février.
Des pompiers au travail le 6 février. — Archives Jean-Michel Delage / SIPA

En 1720, le parlement avait résisté au grand incendie qui avait ravagé Rennes. En 1994, après plusieurs départs de feu avortés dans la journée, il cèdera finalement dans la nuit, vraisemblablement à cause d'une fusée de détresse nichée sous les combles en bois. Reconstruit à l'identique à l'extérieur, le bâtiment du XVIIe siècle a été remodelé à l'intérieur afin d'éviter pareil sinistre. « Le principal enseignement, c'est que toute épreuve doit être surmontée. C'est pour cela que j'ai souhaité que le parlement soit rapidement reconstruit », explique Edmond Hervé, maire de l'époque. Il faudra trois ans et plus de 35 millions d'euros pour que le bâtiment soit rénové. Surnommée « la forêt », la charpente en chêne, bijou d'architecture, est finalement remplacée par une lourde ossature métallique « pour des raisons structurelles et de rapidité de mise en œuvre », selon le ministère de la Culture. « J'aurais préféré que la structure soit reconstruite en bois par des charpentiers de marine. Aujourd'hui, le bâtiment est devenu un symbole », avoue Edmond Hervé. Rouvert en 1998, le parlement est maintenant un site touristique incontournable, qui accueille plusieurs dizaines de milliers de visiteurs chaque année. Il abrite la cour d'appel depuis plus de deux siècles. J.G. et C.A.