Le FN veut créer la surprise

Jérôme Gicquel

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Gérard de Mellon à la rencontre des habitants du quartier de Cleunay.
Gérard de Mellon à la rencontre des habitants du quartier de Cleunay. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Promis juré, le Front national a changé de visage avec Marine Le Pen à sa tête. C'est le discours que martèle Gérard de Mellon, candidat du Rassemblement bleu Marine pour les municipales à Rennes, en pleine chasse aux voix ce mardi matin sur le marché de Cleunay. « Il y a eu un vrai changement au sein du parti. Les gens n'hésitent plus à nous rejoindre désormais. C'est un visage qui correspond mieux aux attentes de la Bretagne qui est une terre de modérés », assure le candidat de 65 ans, qui tient à préciser qu'il n'est « pas encarté » au Front national.

« Ça changera du ronron »


Dans une région qui lui est traditionnellement hostile, le FN se tient donc à l'affût pour les municipales. « Le parti a fait de gros efforts dans l'Ouest où il considère qu'il y a une importante réserve de voix », assure Gérard de Mellon. Candidat aux législatives à Dinan en 2012, il se voit même jouer les trouble-fête lors du scrutin de mars à Rennes, où le FN était absent en 2008. « Nous serons la surprise. Nous comptons bien atteindre les 10 % pour faire notre entrée du conseil municipal et mettre un peu de débat. Cela changera du ronron permanent », prévient Gérard de Mellon. A l'image de Cleunay, le FN local a axé sa campagne de terrain sur les quartiers populaires. « On vient au contact de gens délaissés, désemparés, qui vivent une mixité sociale difficile. Et le message semble plutôt bien reçu », indique une jeune militante. Un élan d'optimisme qui irrite certains, comme ces trois militants « antifa » venus perturber l'opération tractage du candidat. « Cela se passe bien cette fois, mais on a déjà été agressés physiquement sur le marché des Lices. Si c'est ça leur idée de la République ! », soupire un militant.

■ La liste bouclée

Gérard de Mellon assure avoir réussi à constituer sa liste de 61 colistiers « avec une assez grande facilité ». En 2008, le Front national n'avait pas pu boucler sa liste et donc se présenter à Rennes.