Rennes: Les jeux vidéo ont le champ libre

EXPOSITION L’équipement culturel rennais décortique la psychologie des joueurs dans Playtime...

A Rennes, Camille Allain

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 Le Base-Jumping dans GTA4 : The Ballad of Gay Tony
 Le Base-Jumping dans GTA4 : The Ballad of Gay Tony — DR

Sonic, Mario ou encore Pacman. Les personnages emblématiques du jeu vidéo ont rendez-vous aux Champs Libres vendredi pour l’ouverture de l’exposition Playtime (du 20 décembre au 16 février, salle Anita Conti aux Champs Libres. Entrée : 3 € / 2 € réduit).

Ne vous attendez pas pour autant à plonger dans l’histoire de Sega, Sony ou Atari. Le travail porte plus sur la psychologie des joueurs. « Aujourd’hui, la mode est au retrogaming. Les parents sont nostalgiques et veulent montrer à leurs enfants à quoi ils jouaient à leur âge. Nous, on ne voulait pas pas d’une énième exposition sur le jeu vidéo. Playtime c’est plus une réflexion sur la culture du jeu », explique Marc Atallah, directeur de la Maison d’ailleurs, le musée suisse qui a monté l’exposition.

Au travers de photos, de clips et de simulateurs de jeux, l’exposition tente de comprendre quelles sont les émotions ressenties par les joueurs. Comme dans le documentaire de Robbie Cooper où des adolescents sont filmés manettes en main. « Quand on est dans le jeu, on ne se rend pas compte de ce qu’on fait », assure Marc Atallah.

Ne pas faire la morale

Playtime se garde pourtant de faire la morale. « Ce n’est pas notre souhait. Quand on parle de jeu vidéo, on pense souvent à l’addiction. Mais cela ne représente qu’un pour-cent des joueurs. Je pense que c’est moins que l’alcool. Tout est question de mesure », glisse le commissaire de l’exposition en souriant.

Que les amateurs se rassurent, ils pourront tout de même tâter du joystick sur Pacman, Sim City, GTA IV ou encore le célèbre Doom. « On montre ainsi l’évolution du rapport à l’espace. Dans Pacman, tous les niveaux de jeu sont identiques et fermés. Dans GTA, on peut aller où l’on veut dans une ville tentaculaire ».


L’industrie parallèle du jeu vidéo

Pour s’offrir un bouclier tout neuf, certains passeront des heures à jouer à World of Warcraft. D’autres préféreront l’acheter en ligne. On pense alors verser quelques dollars au concepteur du jeu. Il n’en est rien. Cette économie parallèle fait travailler des adolescents du Tiers Monde, notamment Chinois, qui payés pour jouer toute la journée et faire progresser les personnages des occidentaux. C’est l’objet du documentaire « Gold Farmers » de Ge Jin présenté au sein de l'exposition.