Les voiliers ont le vent en poupe

Camille Allain

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Basé à Plérin, Le Grand Lejon navigue régulièrement au large des côtes.
Basé à Plérin, Le Grand Lejon navigue régulièrement au large des côtes. — Ronan Gladu

Achacune de leurs escales, ils attirent tous les regards. Joyaux du patrimoine régional, les vieux voiliers bretons auraient pourtant pu disparaître. « Dans les années 1990, c'était la frénésie autour de ces voiliers. A l'époque, de nombreux bateaux à l'abandon ont été rénovés. Depuis, ils ont eu du mal à trouver un modèle économique et leur état s'est dégradé. Un bateau pour qu'il vive, il faut qu'il navigue », assure Jean Kerhoas, président de Nautisme en Bretagne. Aujourd'hui, nombre de ces gréements ont trouvé une vocation touristique, en partie grâce au soutien de la région. Voté il y a trois ans, ce plan d'1, 5 million d'euros semble porter ses fruits. « Cet été, les 48 voiliers ont embarqué 57 000 passagers. Ce succès va au-delà de nos espérances. C'est un produit qui peut donner envie aux gens de venir en Bretagne », confie Maria Vadillo, conseillère régionale chargée du tourisme. Aujourd'hui, les marins sont mieux formés, les bateaux rénovés et la filière bien organisée. « Ces bateaux sont les seuls à pouvoir accueillir des adeptes de sensations, des seniors ou des nourrissons », poursuit Jean Kerhoas.

Transport de marchandises


Basée à Saint-Malo et membre de Voiliers en Bretagne, la société Etoile Marine Croisières créée en 1991 par Bob Escoffier confirme l'engouement. « On a commencé à accueillir des particuliers il y a quatre ans, pour éviter de convoyer nos bateaux à vide. Aujourd'hui, cette activité prend du poids et représente 11 % de notre chiffre d'affaires. Les gens ont envie de remonter le temps, de retrouver l'époque corsaire de Saint-Malo », explique Valdo Dhoyer, directeur des opérations à Etoile Marines Croisières. Au-delà de leur vocation touristique, les vieux voiliers pourraient aussi retrouver un rôle de transporteur. Début décembre, Le Biche, thonier de 22 m restauré, a acheminé des tonnes d'oignons, de sel et de Muscadet de Nantes à Roscoff. « Il nous faut trouver un modèle économique pour la saison hivernale. On teste à petite échelle », justifie Jean Kerhoas.

■ La directive fâche

Les vieux voiliers pourraient bientôt être soumis à une nouvelle directive française. « Il faudra des toilettes et des bancs sur le pont. C'est débile et ça met en péril notre activité », s'inquiète Valdo Dhoyer.