« On peut être un peu sanguins »

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Yvan Le Bolloc'h à Rennes en 2011.
Yvan Le Bolloc'h à Rennes en 2011. — Archives C. Allain / APEI / 20 Minutes

Avec sa carrière de comédien, Yvan Le Bolloc'h a dû quitter sa Bretagne pour vivre à Paris, mais il garde toujours un œil sur sa région d'origine. Il y a trois semaines, il avait soutenu les salariés de Gad lors de son passage à Landivisiau avec son groupe Ma guitare s'appelle reviens.

Pourquoi avoir invité les salariés de Gad à s'exprimer sur scène ?

On jouait à Landivisiau le soir. Dans la journée, j'ai croisé des gens du site de Gad de Lampaul-Guimiliau qui sont venus me parler. Ils voulaient que je signe un tee-shirt en soutien à leur syndicat. J'ai préféré leur proposer de prendre la parole sur scène. J'ai vu le désespoir en eux. Dans la salle, il y avait des gens qui pleuraient. La détresse de ces gens nous a sauté aux yeux.

Le mouvement des Bonnets Rouges peut-il nuire à l'image de la région ?

L'une des forces de la Bretagne, c'est la solidarité et je sais qu'on peut être un peu sanguins. Je comprends que les gens aient eu envie de faire tomber un portique au départ. Mais je pense que la région a été entendue. Maintenant que l'écotaxe est suspendue, je pense effectivement que ça peut avoir des conséquences sur l'image de la Bretagne. Les radars ou les glissières de sécurité, ça appartient à la communauté, c'est payé par nos impôts. J'ai aussi peur que le mouvement soit récupéré. On a déjà vu Jean-Marie Le Pen avec un bonnet rouge et des mecs siffler Hollande le 11-Novembre. Et ça, ce n'est pas bon. C. A.