Un terreau pour un autre modèle

Camille Allain

— 

La Feuille d'Erable emploie des personnes en insertion pour ses collectes.
La Feuille d'Erable emploie des personnes en insertion pour ses collectes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Secouée par une crise profonde, la Bretagne peut-elle se relever en misant sur une économie alternative ? C'est tout cas l'avis de Marie-Martine Lips, présidente de la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire (CRESS). « La Bretagne est un terreau fertile. Dans la région, 14 % des emplois sont issus de l'économie sociale et solidaire. En France, personne ne fait mieux », explique la présidente. Ce mouvement regroupant associations, coopératives et mutuelles prône une autre répartition des richesses. Ici, les bénéfices sont réinvestis et il n'y a pas d'actionnaires. « Avec ces projets, on irrigue mieux le tissu économique local car les richesses ne partent pas à l'extérieur », justifie Marie-Martine Lips. Pendant un mois, l'économie sociale et solidaire sera donc mise à l'honneur* afin de valoriser ces initiatives. « Depuis dix ans, on sent un mouvement de fond qui se créé même s'il y a eu un léger tassement des créations d'emploi ces deux dernières années », poursuit la présidente de la CRESS.

« Ce n'est pas le monde de Oui-Oui »


Créée il y a trente ans à Rennes, la Feuille d'Erable fait figure d'exemple dans le domaine. L'entreprise emploie des salariés en insertion pour collecter les vieux papiers et cartons, avant de les envoyer au recyclage. « Je pense que nous sommes un modèle d'avenir. Ici on fait du management participatif et on remet les gens dans le circuit du travail», assure Eric Challan-Belval, directeur de la structure. L'économie sociale et solidaire ne souffre finalement que d'un seul mal : les critiques de ceux qui la décrivent comme «subventionnée». «Ce n'est pas le monde de Oui-Oui. On est dans un milieu concurrentiel, on a des délais à respecter, on paie l'impôt sur les sociétés. Mais aujourd'hui, avec de la rigueur on a des ratios économiques qui feraient envie à plusieurs entreprises du Cac40», corrige Eric Challan-Belval. «Nous ne sommes pas opposés à l'économie classique. Le marché a besoin des deux modèles», conclut Marie-Martine Lips.

■ Bientôt une loi

L'économie sociale et solidaire devrait bientôt être encadrée par une nouvelle loi, portée par Benoît Hamon, qui offre la possibilité aux salariés de PME de reprendre leur entreprise en cas de départ du PDG.