Agroalimentaire: «Il y a le feu en Bretagne»

SOCIAL Une réunion d'urgence se tient ce mercredi à Matignon au sujet de l'agroalimentaire breton...

Jérôme Gicquel

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Les salariés de l'abattoir Gad ont manifesté le 7 octobre à Rennes.
Les salariés de l'abattoir Gad ont manifesté le 7 octobre à Rennes. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes / Archives

Véritable pilier de l'économie bretonne, l'agroalimentaire ressemble désormais de plus en plus à un champ de ruines. Entre Gad, Doux, Marine Harvest et Tilly-Sabco, la liste des sites touchés par des plans sociaux ne cesse de s'allonger, laissant sur le carreau des milliers de salariés bretons. Pour tenter de trouver des solutions à la crise que traverse la filière, une réunion d'urgence est organisée ce mercredi à Matignon en présence de six ministres. Dans le même temps, plusieurs collectifs d'entrepreneurs ont appelé à déclencher symboliquement l'alarme incendie des bâtiments à midi. «C'est un moyen d'interpeller les pouvoirs publics et de leur dire qu'il y a le feu en Bretagne avec une économie en quasi-perdition. On annonçait déjà cela il y a dix ans et depuis, rien n'a été fait», déplore Alain Glon, ancien PDG du groupe éponyme et président de l'institut Locarn, à l'origine de cet appel.

Manque de compétitivité

Plus surprenant, la grande distribution s'associe également au combat. Les enseignes Leclerc, Intermarché et U fermeront ainsi tous leurs magasins bretons ce mercredi matin entre 9h et 10h «pour défendre les intérêts de tout un territoire». Si l'écotaxe cristallise les tensions (lire encadré), Alain Glon voit également dans ce déclin breton le symbole d'une perte de compétitivité. «Comment voulez-vous lutter quand une côte de porc ou un litre de lait produit en Bretagne coûte 12 à 14% plus cher que chez nos voisins européens?» La solution selon lui: «Laissons la liberté aux Bretons de prendre des initiatives et arrêtons de charger les entrepreneurs de contraintes infinies qui pénalisent leur compétitivité».

a colère enfle contre l'écotaxe

Les actions se multiplient en Bretagne, et notamment dans le Finistère, pour protester contre l'écotaxe, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier. Les acteurs économiques et agricoles sont particulièrement mobilisés contre cette taxe qui s'appliquera aux camions empruntant les routes sans péage, ce qui est le cas sur tout le réseau routier breton. Pour tenter d'apaiser les esprits, la préfecture de région organisera une réunion sur le sujet le 25 octobre à Rennes.