Le Blosne se chauffe au bois

Camille Allain
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Implantée à deux pas de la chaufferie au gaz existante, la nouvelle centrale de cogénération biomasse a brûlé ses premières tonnes de bois cet été. Après une période de test, elle est aujourd'hui prête à chauffer les quartiers sud de la ville.

En attendant les premiers froids, elle produit déjà de l'électricité. « Quand on n'a pas besoin de chauffer, on produit de l'énergie électrique qui est revendue à EDF », explique François Laurent, chef du site pour l'entreprise Dalkia qui gère les lieux. Ici, pas de gaz, pas de charbon ou de nucléaire. Toute l'énergie dégagée est produite par la combustion de bois. Brûlé, il chauffe une chaudière qui produit de la vapeur d'eau. C'est cette vapeur qui chauffera les quartiers.

L'autre partie est utilisée pour faire tourner un alternateur, qui produit de l'électricité. « On utilise des briquettes forestières, du bois déchiqueté, des broyats de palettes (lire encadré). C'est très vertueux pour l'environnement car l'énergie dégagée est valorisée », poursuit Benoît Guiblin. Le directeur régional de Dalkia avance le chiffre de 30 000 tonnes de CO² évitées chaque année.

Baisse de facture ?


L'équivalent de 21 000 foyers du Blosne, de la Poterie et du Colombier seront ainsi alimentés. Le Liberté, les Champs Libres, l'hôtel de Rennes Métropole, la piscine Bréquigny y seront également raccordés. Estimé à 45 millions d'euros, l'investissement est entièrement financé par Dalkia. La ville rachètera de son côté la chaleur produite pour la distribuer aux usagers. « Pour les particuliers, la facture sera amoindrie, car on se déconnecte du prix du gaz qui a flambé ces dernières années. Ils devraient aussi pouvoir bénéficier d'une bonification fiscale », assure Marc Hervé, adjoint en charge du dossier.

■ L'industrie du bois est-elle en danger ?

Pour fournir 60 % des besoins du quartier, la centrale brûlera chaque année 117 000 tonnes de bois, prélevé au plus loin à 100 km de Rennes. « Les quantités sont importantes, mais permettent à la filière de se structurer. Cela leur donne une visibilité pour leurs investissements », assure Dalkia. Deux tiers des 2 000 tonnes de cendres générées seront réutilisées pour l'épandage des terres agricoles. Le reste sera retraité.