Le vin breton revit avec la passion

TERROIR Des vignerons amateurs se réunissent samedi à Renac pour partager leur savoir-faire...

Camille Allain

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La vue sur la Rance est imprenable depuis les vignes du Garo à Saint-Suliac.
La vue sur la Rance est imprenable depuis les vignes du Garo à Saint-Suliac. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Loin des prestigieux domaines d'Aquitaine ou de Bourgogne, des passionnés de vin font revivre la petite tradition vigneronne de la région bretonne depuis quelques années. Samedi, ils seront une centaine à se rassembler autour de l'association des vignerons bretons à Renac, près de Redon. « L'objectif, ce n'est pas tant de faire la promotion de notre vin, mais plutôt d'amener une technique, un savoir-faire », estime Jean-Michel Kerboeuf, vice-président de l'association.

En 1690, les céréales ont pris la place des vignes

Amateur du breuvage, Jean-Yves a mis quinze ans avant de trouver un terrain favorable à la culture des vignes. Depuis 2003, il prend soin de mille pieds plantés à Saint-Suliac, sur les bords de Rance. Mais il n'est pas le premier. « Les écrits du Moyen Age montrent que les vins de l'Ouest les plus réputés étaient faits à côté de Nantes et sur les bords de Rance », explique le président de l'association des vignerons de Garo. Le Muscadet et le Gros Plant ont traversé les siècles, pas les vins bretons. « Lors du règne de Louis XIV, la France a connu trois années de disette. Le pays avait faim et il fallait du pain. Un édit a donc interdit la plantation de nouvelles vignes au nord de la Loire, pour laisser place aux céréales », poursuit le passionné d'histoire. C'était en 1690. Depuis, rien n'a changé et la plupart des vignes existantes ont été terrassées par les maladies.

« Une nette amélioration »

A Saint-Suliac, les vignes avaient disparu. Aujourd'hui, ils sont une vingtaine d'amateurs à se retrouver sur le terrain pentu pour entretenir les pieds, à l'ancienne. « Nous avons planté du Chenin car il résiste bien. Nous avons été conseillés par un vigneron d'Anjou. On ne réussit pas tous les ans pour autant », sourit le retraité. En 2009, 2010 et 2011, l'association a sorti 400 litres d'un bon vin blanc. En 2012, 42 litres. « En goût comme en quantité, l'an dernier c'était nul », poursuit Jean-Yves. Les vignerons ont pourtant fait d'énormes progrès. « On a une nette amélioration gustative du vin blanc. Pour le rouge, on manque de soleil », conclut Jean-Michel Kerboeuf.

 

■ Bientôt du rouge ?

A Saint-Suliac, l'association des vignerons de Garo a arraché 400 pieds de raisin blanc l'an dernier. « On a replanté du rouge à la place. Il faudra attendre deux ans au moins pour savoir si ce sera bon. »

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