Forage au centre de la terre

Camille Allain

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Un tunnelier similaire de 9 mètres a déjà été utilisé pour le métro lyonnais.
Un tunnelier similaire de 9 mètres a déjà été utilisé pour le métro lyonnais. — Archives C. Villemain / 20 Minutes

C'est un véritable monstre de métal qui sera chargé de grignoter les dessous de la ville 24 h  sur 24 et 7 jours sur 7 pour tracer les 8 km de tunnel de la future ligne B du métro. Le tunnelier qui succèdera à Perceval, engin qui avait creusé la première ligne de 1998 à 2000, a été désigné ce mardi par Rennes Métropole. C'est le groupement d'entreprises piloté par Dodin Campenon Bernard, filiale de Vinci, qui a remporté le marché. Il y a 15 ans, l'engin s'était fait remarquer pour avoir provoqué de nombreux affaissements dans la ville.

Une meilleure technologie


« Nous avons décidé de creuser 10 mètres plus profond pour éviter les fontis », rassure Jean-François Candeau, président du groupement. Les fontis, ce sont ces affaissements générés par le forage, qui remontent jusqu'à la surface et stoppent le chantier. A l'époque, ces phénomènes avaient fait bouger les rails de trains, fissuré quelques immeubles et même englouti une voiture, stationnée au-dessus du tracé. Les ingénieurs accusaient alors les cratères laissés par les bombardements de la Seconde guerre mondiale. « Nous creuserons à 20 voire 30 mètres sous la surface. A ce niveau, le terrain présente moins de risques. Il est moins altéré par l'eau. Surtout que la technologie du tunnelier est bien meilleure aujourd'hui », confirme Laurent Grall, président de Spie Batignolles, entreprise membre du groupement. Commandé la semaine prochaine, le successeur de Perceval mettra onze mois à être réalisé, puis deux mois pour être assemblé à Rennes. Le forage débutera fin 2014 au départ de la Courrouze.