Les greffés en ont sous la pédale

Camille Allain

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 Partis de Nantes, les cyclistes greffés ont parcouru plus de 700 kilomètres.
Partis de Nantes, les cyclistes greffés ont parcouru plus de 700 kilomètres. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

«Je suis là pour montrer que l'on peut être greffé et avoir une vie normale, et même faire du sport. » Onze ans après sa greffe du cœur, Christophe, 45 ans, vient d'effectuer 700 kilomètres à vélo en moins d'une semaine. Partis de Nantes lundi dernier, 46 cyclistes ont pédalé à travers la Bretagne pour vanter l'intérêt du don d'organes dans des écoles, mairies, maisons de retraite et hôpitaux. Leur périple a pris fin dimanche au CHU de Rennes. « Aujourd'hui, il y a encore des gens qui décèdent faute de trouver un donneur. Notre objectif, c'est d'inciter les gens à prendre position pour ou contre le don d'organes de leur vivant. Car la question se pose souvent dans des moments très difficiles », détaille André Le Tutour, président d'Amigo, collectif d'associations de Bretagne œuvrant pour le don d'organes. En France, 5 000 greffes sont pratiquées chaque année, dont 200 à Rennes, mais le nombre de patients en attente dépasse les 15 000.

Rosalie donnera sa moelle


Convaincre les familles qui viennent de vivre un drame, c'est la mission de l'agence de biomédecine, chargée d'effectuer les prélèvements. « Dans plus de 30 % des cas, on fait face à un refus. On ne peut pas en vouloir aux familles mais c'est d'abord la volonté du défunt qu'il faut respecter. Nous incitons les gens à s'informer avant, à en discuter », explique le professeur Noury, responsable de l'agence de biomédecine de l'ouest. Donner ses organes à sa mort, Rosalie le fera sans hésiter. « Pourquoi garder des organes qui ne servent à rien alors que l'on peut sauver des vies ? », interroge la cycliste. Dans quelques semaines, elle a même accepté de faire un don de moelle osseuse. « Cela fait dix ans que je suis inscrite sur le registre et on vient de m'appeler. Je suis vraiment impatiente de donner », confie-t-elle, alors qu'elle passera cinq heures à donner son sang. Les cyclistes ont ensuite observé un moment de recueillement, en hommage aux donneurs. « Sans eux, on ne serait pas là », conclut Christophe.

■ Pontchaillou au top

Avec Brest, Rennes est le seul hôpital breton à effectuer des prélèvements d'organes. Le CHU Pontchaillou est aussi en pointe des greffes avec plus de 200 opérations chaque année.