Jardinier cherche potager

Camille Allain

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Le site compte plus de 50 parcelles.
Le site compte plus de 50 parcelles. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Cela fait deux ans que les jardiniers de la plaine de Baud savent qu'ils doivent partir pour laisser place à un programme immobilier (lire encadré). Et cela fait deux ans qu'ils réclament un autre terrain pour planter leurs salades et haricots. Après avoir formulé deux propositions, refusées par les jardiniers, la ville de Rennes et Territoires, aménageur de la zone, ont décidé de régler le différend devant la justice, qui devra statuer ce mercredi. « Nous n'avons rien contre le nouveau quartier et nous ne demandons pas grand-chose. Juste un terrain semblable à celui qu'on a, avec de l'eau et des terres cultivables », détaille Sylvie, trésorière de l'association Loisirs au jardin, qui regroupe 60 adhérents.

« C'est une décharge »


Créés en 1938 pour aider les familles les plus fragiles, les jardins ouvriers de la plaine de Baud sont donc « squattés » depuis le 1er janvier. « Nous avons voulu instaurer le dialogue, mais ça n'a pas marché. C'est dommage d'aller au tribunal pour ça », estime Alain, vice-président de l'association. Jardinier depuis plus de vingt ans, Alain, comme la plupart des adhérents, a été particulièrement irrité par la dernière proposition de terrain faite par la ville. « Ce n'est pas un champ, c'est une décharge remplie de chardons ! C'est juste à côté de la rocade, sous les lignes à haute tension, avec une butte de terre de 150 m de long au milieu », lâche-t-il entre colère et résignation. Pour beaucoup, les petits potagers n'ont pas vocation qu'à faire pousser fruits et légumes. « Ça fait partie de la mémoire de la ville. Ici, tout le monde se connaît. On se parle, on échange. C'est familial. Sans leur jardin, je me demande ce que certains vont devenir », s'inquiète Sylvie. Sollicitée, la ville n'a pas souhaité s'exprimer avant la tenue de l'audience.

■ Le chantier prévu

L'aménagement de la Zac Baud-Chardonnet prévoit l'arrivée de 5 000 habitants progressivement à partir de 2016. Des bureaux, des commerces et des équipements publics sont également annoncés.