Les bouquinistes tournent la page

Jérôme Gicquel
— 

Le changement est peut-être passé inaperçu aux yeux de certains, mais la place Sainte-Anne a changé de visage depuis lundi. Exit les bouquinistes et le carrousel, qui ont été contraints de faire leurs cartons, direction la place Hoche, voisine de quelques mètres. Une décision de la municipalité motivée par les travaux de la ligne B du métro et du futur Centre des Congrès, qui vont rythmer pendant au moins cinq ans le quotidien de la place Sainte-Anne.

« La place moche »


Pour reloger les bouquinistes, la mairie a donc jeté son dévolu sur la place Hoche, au grand dam de ces derniers, qui auraient préféré la place de l'Hôtel de ville. « Impossible, car il y a déjà trop de manifestations », leur a-t-on répondu. « C'est dommage, car nous sommes flexibles et nous aurions pu nous adapter », regrette Philippe Remond, bouquiniste depuis cinq ans. C'est donc sans enthousiasme que les bouquinistes ont rejoint depuis lundi « la place moche », comme ils avaient coutume de l'appeler. Un avis partagé par Camille, habituée de la place Sainte-Anne, qui trouve que la place Hoche « manque de charme ». « Mais l'important, c'est qu'il y a toujours des livres, c'est le principal », sourit-elle.

L'esthétique mise à part, c'est surtout la fréquentation des lieux qui inquiète les bouquinistes. « Cela a toujours eu l'image d'un endroit un peu vide », reconnaît Philippe Remond. « Il faut attendre que les habitudes se prennent. Les travaux de la place Sainte-Anne vont également entraîner des modifications des flux de circulation », tente de rassurer Didier Le Bougeant, élu du quartier. « On va attendre la fin septembre pour faire le bilan et voir si des modifications peuvent être apportées », conclut Philippe Remond.

■ D'autres moyens de renforcer l'attractivité

Avec l'arrivée des bouquinistes et du carrousel, la place Hoche devrait trouver l'animation qui lui faisait jusqu'à présent défaut. La municipalité ne compte pas s'arrêter là et réfléchit à d'autres moyens pour renforcer l'attractivité de la place. D'autres commerçants ambulants pourraient ainsi rejoindre les lieux. Avec le boom de la cuisine de rue, l'installation d'un food truck (camion mobile servant des hamburgers ou salades) serait également à l'étude.