L'opéra veut la jouer en karaoké

Camille Allain

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En 2011, " L'enlèvement au Sérail "avait attiré la foule, place de la mairie.
En 2011, " L'enlèvement au Sérail "avait attiré la foule, place de la mairie. — Archives C. Allain / APEI / 20 Minutes

«Ce sera un jeu d'enfant ». Le directeur de l'opéra Alain Surrans préfère user de l'humour pour décrire le délicat exercice auquel vont se frotter les Rennais ce mardi. A l'entracte de La Traviata, jouée à l'intérieur de l'opéra et retransmise en direct sur la place de la mairie, le public sera en effet amené à chanter le « brindisi ». Une variante du karaoké version opéra italien qui n'effraie pas le chef d'orchestre Anthony Hermus. « En Allemagne, j'ai déjà dirigé plusieurs concerts d'amateurs. J'ai même vu des gens apprendre les Carmina Burana en une journée ! Cela montre bien que chanter, c'est accessible à tout le monde. Je crois même que c'est bon pour la santé », résume en souriant le chef néerlandais. A l'entracte de l'opéra de Verdi, les milliers de spectacteurs de la place de la mairie et de toutes les villes participantes seront guidés en vidéo par le chef d'orchestre et pourront lire les paroles sur l'écran. Des chorales donneront également le tempo pour aiguiller les novices.

Populariser un art « élitiste »


Après deux éditions en plein air qui avaient attiré des milliers de spectateurs, ce « karaoké » traduit la volonté de l'équipe de « populariser l'opéra ». « C'est un art encore jugé trop élitiste », reconnaît Alain Surrans. Le directeur de l'opéra mise aussi sur l'utilisation des nouvelles technologies pour séduire le public. Des captations à 360 degrés et en réalité augmentée seront ainsi réalisées par Orange Labs. « Tout le monde pense que l'opéra c'est lourd. Mais les technologies nous permettent de rentrer dans l'intimité des acteurs, de voir des détails qu'on ne verra pas à l'œil nu. C'est une belle expérience pour le spectateur », estime le chef Anthony Hermus.