Un bon rythme de croisière

Camille Allain

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Les grands paquebots s'amarrent dans la baie entre Dinard et Saint-Malo.
Les grands paquebots s'amarrent dans la baie entre Dinard et Saint-Malo. — Notimart

La croisière s'amuse et Saint-Malo s'en réjouit. Jusqu'ici peu nombreux à s'aventurer près de nos côtes, les paquebots de luxe se font plus présents sur les photos souvenirs du port malouin. « Depuis 2007, le nombre de passagers a doublé. L'an dernier, nous avons accueilli 34 escales et 14 000 croisiéristes », confirme Elisabeth Gouzien, chargée de développement touristique à la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Saint-Malo Fougères. Américains et Allemands en tête, les touristes n'ont souvent d'yeux que pour le Mont Saint-Michel. Désormais, ils s'aventurent aussi à Cancale et dans les rues pavées de la cité corsaire. « Les gens viennent ici pour se dépayser mais aussi pour profiter de l'identité de la Bretagne. Les touristes américains adorent les huîtres de Cancale, les fruits de mer et le patrimoine historique », poursuit Elisabeth Gouzien.

Deux millions d'euros par an


Dans un contexte économique difficile, Saint-Malo offre un argument de taille. « Les excursions sont moins chères ici qu'en Méditerranée. Et comme les compagnies veulent réduire leurs dépenses de carburant, ils peuvent avoir de belles escales le long de l'Atlantique ouest », analyse la chargée de développement. La clientèle fortunée voyageant sur l'eau suscite naturellement l'intérêt des commerçants. « Beaucoup vont au Mont Saint-Michel mais aujourd'hui, on les voit plus souvent se balader intra-muros. C'est une bonne clientèle que l'on aimerait bien toucher», observe un chocolatier malouin. D'autant que Saint-Malo a su s'adapter à cette clientèle de luxe, grâce à la volonté de la région Bretagne et de la CCI. « Jusqu'en 2012, les passagers débarquaient directement sur la cale. Nous avons réhabilité les pontons et la gare maritime pour offrir un vrai lieu d'accueil », poursuit Elisabeth Gouzien. Un million d'euros de travaux qui seront vite amortis, à en croire les études menées par la CCI, qui estime à deux millions d'euros les retombées économiques annuelles pour la ville et ses environs.

■ Des cours d'anglais pour les taxis

Face au succès croissant du port malouin, la CCI de Saint-Malo Fougères a décidé d'offrir des cours d'anglais aux chauffeurs de taxi de la compagnie Saint-Malo Taxis en 2013. « Ce sera surtout un anglais d'accueil, afin que les chauffeurs puissent renseigner les voyageurs », explique la CCI. La prochaine escale dans le port malouin est prévue le 28 avril.