Le cheval breton passe à l'action

Jérôme Gicquel

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La calèche solidement fixée, Touzic s'apprête à démarrer sa journée de travail aux Gayeulles.
La calèche solidement fixée, Touzic s'apprête à démarrer sa journée de travail aux Gayeulles. — J. GICQUEL / APEI / 20 MINUTES

Figure emblématique de nos campagnes, le cheval de trait breton se cherche un avenir professionnel. Longtemps utilisé dans l'agriculture, l'animal a vu son activité décliner sérieusement depuis l'arrivée des machines. Pour le remettre en selle et enrayer son déclin, la région vient de lancer un appel à projets pour lui trouver de nouveaux débouchés. « On travaille sous un angle économique pour voir si le cheval ne pourrait pas assurer des missions de service public comme c'est déjà le cas dans certaines communes », précise Michel Morin, vice-président PS de la région en charge de l'agriculture. Parmi les utilisations possibles, l'élu cite pêle-mêle « le transport de personnes, l'entretien des espaces verts et de la voirie, des missions de surveillance ou toute autre activité innovante ».

La star des Gayeulles


A Rennes, cela fait déjà 20 ans que le cheval a trouvé sa place en ville. En 1993, Duchesse a rejoint l'équipe des agents municipaux au sein du parc des Gayeulles. Ses missions : « le ramassage des ordures ménagères et un peu de travail de débardage », souligne Julien Roux, responsable des espaces verts dans le secteur est de la ville. Après 18 ans de bons et loyaux services, Duchesse a pris sa retraite, remplacée au pied levé par Touzic, joli mâle de 850 kilos. « C'est une race qui aime travailler, avec une force de traction impressionnante », précise Rozenn Prodhomme, meneuse de Touzic. Du printemps à l'automne, Touzic est à pied d'œuvre dans le parc tous les jours de 8 h 30 à 16 h 30, devenant ainsi la coqueluche des habitués des lieux. « Le contact se fait plus facilement, notamment auprès des enfants. Et le message de propreté passe plus facilement », reconnaît Rozenn Prodhomme. Un exemple rennais que certaines collectivités pourraient suivre, mais sous certaines conditions. « On ne prend pas un cheval juste pour le plaisir. Il faut un vrai projet et surtout qu'il soit encadré par des personnes compétentes », conseille Julien Roux.