L'Ubu prend un coup de jeune

Camille Allain

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St-Lô a joué devant 210 enfants.
St-Lô a joué devant 210 enfants. — C. ALLAIN / APEI / 20 MINUTES

Lundi, 14 h. Pas vraiment l'heure du rush habituel à l'Ubu. La salle de concert rennaise affiche pourtant complet et la moyenne d'âge ne dépasse pas 10 ans dans la file d'attente. Au lieu d'être en classe, 210 élèves d'écoles primaires rennaises ont acheté leur place pour assister au concert de St-Lô. Billets en main, Théo et Enzo, 9 ans tous les deux, sont impatients de voir ce qui restera à jamais leur premier concert. « On a écouté le disque, et moi j'aime bien », lâche Théo, en CM1 à l'école Notre-Dame-des-Miracles, qui avoue quand même préférer Psy et son « Gangnam Style ». « Moi j'aime bien les concerts. J'ai déjà vu La Grande Sophie à Mythos. C'était bien, il y avait des lumières de toutes les couleurs », enchaîne Alex, 9 ans également.

Troisième essai pour l'Ubu


Ce n'est pas la première fois que l'Ubu s'ouvre aux enfants. « Nous l'avions fait avec Manceau et les Popopopops l'an dernier. L'idée, c'est que les enfants assistent à un concert dans de vraies conditions. La seule différence, c'est que ça se fait en journée et que le volume est un peu moins fort », explique Marine, chargée d'action culturelle aux Transmusicales. Pendant une heure, le jeune public frappe dans ses mains et danse devant la musique trip-hop du groupe lorientais. Basses lourdes, arrangements électro et rythmes saccadés : on est loin du concert jeune public. « On veut leur faire découvrir quelque chose qu'ils n'écouteront pas à la maison, à la radio ou à la télé. On espère attiser leur curiosité », ajoute Marine. A l'issue du concert, les joues bien rouges, Lucille, 10 ans dit avoir « adoré, surtout la troisième chanson ». Seul regret pour la jeune fille, « la musique était un peu trop forte ». « La plupart n'ont jamais été à un concert de leur vie. C'est une super expérience pour eux », commente Jean-Marie, enseignant en CM2. Comme les grands, les écoliers se sont ensuite dirigés ver le bar pour échanger leurs impressions autour d'un jus de pomme. Ce mardi, ce sera au tour des lycéens de venir à l'Ubu. « Eux ont pu travailler sur les paroles en cours d'anglais », conclut Marine.