Le mauvais élève est devenu le maître

jeremy goujon

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Bernard n'est " plus nageur ", mais sera toujours " compétiteur dans l'âme. Quand on l'est, on l'est jusqu'au bout. "
Bernard n'est " plus nageur ", mais sera toujours " compétiteur dans l'âme. Quand on l'est, on l'est jusqu'au bout. " — MYSTY / SIPa

A quoi ressemble le quotidien d'un ex-champion olympique du 100 m nage libre ? « Il n'y a pas deux journées pareilles, c'est ça qui est bien », assure Alain Bernard, qu'on avait laissé sur une autre médaille d'or, celle du relais 4 x 100 m aux JO de Londres. S'il avoue mener « la belle vie », le jeune retraité (29 ans) n'entend pas pour autant se reposer dessus. De peur de se « sentir inutile ».

Du coup, entre le développement de projets jusqu'à « très tard le soir sur ordinateur », quelques interviews par téléphone, les émissions TV et ses nouveaux hobbys (tennis, squash, parachutisme), le Provençal – qui a abandonné la gendarmerie – cherche coûte que coûte à « [se] spécialiser. C'est vraiment pour me rassurer, car ce n'est pas dans ma nature d'attendre telle ou telle proposition. »

Fraîchement élu à la Commission des athlètes de haut niveau (CAHN) du Comité national olympique et sportif français, Bernard a fait un aller-retour à Rennes, mercredi (avant d'y revenir la semaine prochaine, afin de commenter les championnats de France). Dans le cadre de l'Arena Swim Academy Tour, l'ancien recordman du monde veut « faire prendre conscience de leurs capacités » à ses possibles successeurs, en mettant l'accent sur les notions de plaisir et d'épanouissement.

Du cancre au grand requin blond


Quarante apprentis nageurs, venus du CPB, de Vitré, Cesson et Chartres-de-Bretagne, auront profité des conseils de l'expert, qui découvrait la capitale bretonne et par conséquent la piscine de Bréquigny. « En 2000 [précédente édition bleu-blanc-rouge à Rennes], je n'avais pas du tout le niveau. J'allais m'entraîner, mais je n'arrivais pas réellement à passer un cap en termes d'implication et d'investissement. J'étais extrêmement maigre, il a fallu que je m'étoffe. » C'est ce qui est arrivé, dans les grandes largeurs, au palmarès du protégé de Denis Auguin, quand celui-ci se révéla à l'échelle planétaire en 2008, devenant alors le «Squale». Alain Bernard a depuis laissé la vedette aux Agnel, Manaudou & co, dont il analysera les performances d'ici quelques jours. Sans jalousie. « La roue tourne, ça fait partie du jeu. Je n'ai pas fait de la natation pour être reconnu dans la rue. »