Le Polaroïd n'est pas mort

Camille Allain

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Alexandre et Lucile sont tombés amoureux de la photo instantanée.
Alexandre et Lucile sont tombés amoureux de la photo instantanée. — C. ALLAIN / APEI / 20 MINUTES

Il a connu son heure de gloire dans les années 70 et 80, mais a presque disparu depuis. Le Polaroïd, célèbre appareil photo instantané, sera à l'honneur pendant un mois à Rennes*. Des clichés seront exposés, œuvres de purs amateurs ou de photographes chevronnés. « Je m'y suis mise il y a cinq ans sans vraiment savoir pourquoi. J'ai acheté un vieux Pola et j'y ai pris goût. » Lucile, la trentaine, exposera ses photos pour la première fois : « Ce que j'aime, c'est voir l'image apparaître dans ma main et de pouvoir la donner aux gens que j'aime. » Avec son copain, accroc aussi, elle possède une cinquantaine d'appareils. « Souvent, on les achète 5 € dans les braderies », confie-t-elle.

« Réfléchir avant de déclencher »


Si l'appareil plastique est abordable, le papier si particulier s'avère très onéreux. « Il faut compter une vingtaine d'euros pour dix photos. Mais la rareté et le prix forcent à bien réfléchir avant de déclencher », enchaîne Denis, autre passionné qui expose à l'Antipode. Pour lui, le Polaroïd est précieux. « Une photo ne pourra jamais être reproduite à l'identique, car l'effet du papier est trop aléatoire. C'est le côté unique que je préfère. » Photographe chevronné, Denis a opté pour un appareil complexe, où il peut régler lumière, vitesse et ouverture. Bien loin du modèle classique utilisé par Alexandre. « Moi je n'ai qu'un bouton. J'appuie et la photo sort. Ce n'est pas évident au début, on a pas mal de déchets. » Mais aussi de beaux clichés à savourer tout le mois.