La chaufferie envoie du bois

Camille Allain

— 

La filière bois, ici en forêt de Corbières, va devoir se développer.
La filière bois, ici en forêt de Corbières, va devoir se développer. — Archives C. ALLAIN / APEI / 20 MINUTES

Alors que l'imposante centrale biomasse Dalkia effectue ses premiers tests au bord de la rocade sud, Cesson-Sévigné inaugurait plus discrètement sa deuxième chaufferie bois mardi. Nourri aux granulés, l'équipement alimentera le centre culturel et le centre de loisirs. Comme elle, de nombreuses communes du département se tournent vers le chauffage au bois. « C'est une manière de valoriser la ressource. Il y a des quantités de bois qui étaient brûlées au fond des champs par les agriculteurs. Autant les utiliser pour se chauffer », argumente Michel Janssens, responsable énergie au sein de la communauté de communes du Val d'Ille, qui a massivement investi dans l'énergie bois.

120 000 tonnes pour Dalkia


Pour plus d'indépendance, la collectivité, qui regroupe dix communes du nord de Rennes, a développé sa propre filière de fabrication de plaquettes de bois pour alimenter ses chaufferies. « On rachète le bois aux agriculteurs. Tout le monde y gagne », ajoute Michel Janssens. Certains s'interrogent pourtant sur la ressource disponible dans la région. « Les forestiers nous ont assurés qu'ils auraient assez pour fournir les 120 0000 tonnes par an de la centrale Dalkia de Rennes. Mais c'est leur maximum. Cela empêche tout autre projet à 100 km à la ronde. Et comme la demande est croissante, il est probable que le prix des bûches augmente pour les particuliers », regrette Paul Pegeaud, membre du Comité consultatif de l'environnement en Ille-et-Vilaine.Des craintes en partie levées par l'étude menée par Aile, association d'initiatives locales pour l'énergie et l'environnement. « Le préfet a validé le plan d'approvisionnement. La question ne porte donc pas sur le gisement, qui est bien présent, mais sur l'organisation de la filière », estime Marc Kreis, chargé de mission à Aile. L'association estime à 550 000 tonnes le gisement disponible sur l'ensemble de la région. « Il faut simplement avoir une gestion durable et ne pas faire n'importe quoi », conclut Marc Kreis.