Un tri un peu moins sélectif

Camille Allain

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Les habitants ont été informés par des plaquettes de communication.
Les habitants ont été informés par des plaquettes de communication. — C. ALLAIN / APEI / 20 Minutes

Petite question du lundi. Peut-on jeter son pot de yaourt dans le sac jaune réservé au tri sélectif ? Réponse : à Rennes, non, à Liffré, oui. Depuis le 1er mai 2012, les 17 communes du Smictom des Forêts participent à une expérimentation menée par Eco-Emballages. Le principe : jeter tous les déchets en plastique dans le même sac. Pots de crème, barquettes de viande ou films plastiques ont donc atterri dans les fameux sacs jaunes. En dix mois, 40 000 tonnes de déchets plastiques supplémentaires ont été collectés. « Beaucoup de gens se posent des questions sur ce qu'il faut recycler ou non. Chez nous, le message est simplifié et les habitants apprécient », justifie Philippe Monnerie, président du Smictom et maire de Saint-Germain-sur-Ille.

Un succès encore nuancé


Si les élus assurent qu'il est « trop tôt » pour faire un bilan, les résultats d'une enquête téléphonique montrent que la marge de progrès est encore conséquente. « 97 % des habitants déclarent trier, mais 40 % d'entre eux n'ont pas assimilé les nouvelles consignes, pourtant plus simples », explique Catherine Le Pober, responsable Ouest pour Eco-Emballages. « On monte en puissance. Nous allons relancer une nouvelle campagne de communication en avril et mai. Je vois mal comment nous pourrions revenir en arrière », ajoute Marie Margery, directrice du Smictom.

Le yaourt devient rasoir


Les plastiques collectés sont ensuite triés au centre de Gaël, qui a dû s'adapter, avant d'être revendus à Valorplast, qui en assure la valorisation. « Les pots de yaourts sont transformés en rasoirs, les barquettes de beurre en pièces pour l'automobile », explique Philippe Monnerie. L'expérimentation en pays de Liffré, qui prendra fin au 31 décembre, aura coûté 230 000 €, entièrement financés par Eco-Emballages.

■ Et à Rennes ?

Rennes Métropole s'était portée volontaire pour l'expérience mais n'a pas été retenue. « Notre centre de tri est prêt et nous y sommes favorables. Nous attendons juste les financements d'Eco-Emballages », indique Jean-Louis Merrien, élu référent.