Un breuvage au goût d'or

Camille Allain

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Gonny Everts (à droite) a embauché Pierrick il y a 7 ans comme brasseur.
Gonny Everts (à droite) a embauché Pierrick il y a 7 ans comme brasseur. — C. ALLAIN / A PEI / 20 MINUTES

C'est auréolée de trois nouvelles médailles que la brasserie Sainte-Colombe se présentera ce week-end au salon de la bière et du cidre de Rennes*. Créée en 1996, la petite entreprise artisanale du sud de Rennes s'est encore distinguée au salon de l'Agriculture de Paris, où sa bière rousse a remporté la médaille d'or. Dix ans après sa première consécration au concours parisien, Gonny Everts poursuit pourtant le brassage en toute simplicité. Nichée au cœur de la campagne du pays de la Roche aux Fées, la brasserie se fait très discrète. Seule l'odeur de céréales qui s'échappe de la ferme vous indiquera que vous êtes arrivés.

De l'infirmerie à la brasserie


L'aventure de la Sainte-Colombe a commencé il y a 20 ans, quand Gonny a décidé de rejoindre son mari à Janzé, où il exerçait dans le milieu agricole. « Je terminais mes études d'infirmière en bloc opératoire. Mais mon diplôme n'était pas reconnu en France », raconte-t-elle avec un accent néerlandais. « On faisait un peu de bière pour nous. Et comme nos amis voulaient en acheter, on a commencé à en produire plus ». Les débuts ne sont pas faciles, car la bière artisanale n'est alors pas très populaire. « Sur les marchés, les gens ne nous connaissaient pas. Il fallait un peu de temps », raconte-t-elle. La médaille d'or remportée lors de la création du concours du salon de l'Agriculture va accélérer le processus. « Les journaux ont parlé de nous. Beaucoup de gens ont appris qu'il y avait une brasserie en Ille-et-Vilaine », souligne Gonny. Dix ans plus tard, la brasserie a embauché trois personnes, dont deux brasseurs, et produit 1 900 hectolitres par an. « Ça nous prend toujours beaucoup de temps, mais c'est une passion. Cette brasserie, c'est un peu ma vie », poursuit Gonny. Aujourd'hui, la majorité de la production est consommée en Ille-et-Vilaine. « D'habitude, notre bière sort peu de Bretagne. Alors quand elle plaît à un jury parisien qui goûte à l'aveugle, c'est une grande fierté. Cela montre que notre travail est apprécié », conclut Pierrick Clavier, brasseur.