«le but affiché, c'est les bleus»

propos recueillis par jeremy goujon

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Derbier (no3) et le gardien Yann Genty, du temps d'Istres. Les deux hommes seront de nouveau coéquipiers à Cesson.
Derbier (no3) et le gardien Yann Genty, du temps d'Istres. Les deux hommes seront de nouveau coéquipiers à Cesson. — p. riou / cesson rennes métropole hb

Il avoue en rigolant avoir « pris un abonnement », puisqu'il a « suivi tous leurs résultats depuis le début de saison ». Preuve de son attachement (déjà) avec les Irréductibles, Maxime Derbier a repoussé (entre autres) l'offre de Créteil pour se relancer prochainement en Bretagne. En difficulté à Istres (Pro D2), le joueur de 26 ans voudra prouver, durant les deux années à venir, qu'il en a encore dans le bras gauche.

Pourquoi avoir opté pour Cesson

en vue de la saison prochaine ?

Pour le projet du club, et ce n'est vraiment pas une parole de sportif «bateau ». Les ambitions du club sont plus qu'attractives, et moi, j'avais besoin d'un nouveau challenge. Si tout va bien, Cesson sera en LNH, et poursuivra son ascension. Ça fait trois ans qu'il gravit petit à petit les échelons, et je pense que c'est une bonne chose de faire partie de cette aventure-là.

Vous aviez une grosse envie de revenir en D1, après une année

passée à l'étage inférieur…

Tout à fait. Je n'irai pas jusqu'à dire que ça a été une année perdue – parce qu'elle n'est jamais perdue, on peut toujours travailler –, mais elle a été vraiment difficile, vraiment galère. Je l'ai relativement mal vécue, et ce n'est pas fini. C'est lourd de conséquences pour moi, parce que quelque part, je n'arrive pas à sortir la tête de l'eau dans cette D2, qui est bien plus relevée qu'on ne le pense. Je veux vite retrouver la LNH pour retrouver du plaisir et de l'envie.

Vous allez ainsi rejoindre des ex-partenaires, tels Yann Genty ou Sassi Boultif (photo ci-dessus)…

Oh, j'en connais un paquet, déjà ! Il y a eu les sélections France jeunes et juniors, aussi. Pour les plus récents, c'est donc Yann et Sassi [croisés à Istres], mais sinon il y a Jérémy Suty, Igor Anic (que je connais très bien), Benoît Doré… Même les joueurs que je ne connais qu'au travers du championnat, ce sont des gars que j'apprécie, de par leur engagement sur le plan sportif. Ça va être un plaisir de jouer ensemble.

A titre personnel, votre ambition

est de retrouver le niveau qui vous avait permis d'être sacré « meilleur ailier droit de LNH », en 2011 ?

Ça peut paraître prétentieux, mais c'est même au-dessus de ça. Non seulement, j'espère retrouver ce niveau-là, mais j'espère bien avoir encore une marge de progression qui me permettrait de franchir un cap, et viser ensuite, pourquoi pas, une sélection avec l'équipe de France. C'est vraiment le but affiché. On en a discuté avec David [Christmann] : sur les deux ans qui viennent, il faudra que j'apporte un maximum au club, pour que ça puisse aussi amener à quelque chose d'un point de vue individuel.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours mouvementé

[voir encadré]

, malgré votre jeune âge ?

Ça me fait toujours rire quand j'en discute avec des journalistes, ou avec des gens qui ne sont pas forcément au courant. On me parle souvent de parcours « mouvementé » ou « atypique »… Je ne dis pas que j'ai toujours été clean. J'ai eu des erreurs de jeunesse, effectivement, mais il y a des fois aussi où les clubs en face ont un petit peu déconné. A Ivry, je ne me suis absolument pas fait à l'environnement, à la capitale. Moi qui venais des montagnes et de l'air pur, ça m'a fait un choc. Cette année-là avait été entachée de certains dires : « Il a fait ci, il a fait ça, il a des casseroles au cul… » Non, pas nécessairement. C'est juste que je ne me plaisais absolument pas là-bas. A Montpellier, ça s'est très bien passé. On a rompu le contrat à l'amiable, et là, c'est vrai que c'est moi qui ai déconné. Je ne savais pas trop où j'en étais, si je continuais ou arrêtais le hand. C'est quand même beaucoup de sacrifices, surtout à Montpellier, où on entre dans une autre sphère en terme de professionnalisme. Je n'étais pas sûr de vouloir faire tous ces sacrifices.

A l'instar de Yann Genty, votre objectif est-il également de jouer l'Europe avec les Irréductibles ?

J'ai lu l'interview qu'il a faite il n'y a pas si longtemps [sur le site Vavel], qui est assez trash, assez abrasive (sic). Ça m'a fait rire sans me surprendre, parce que je connais le personnage. Ce sont des sujets où on est absolument d'accord. Il faut avoir une ambition démesurée si on veut arriver à quelque chose. Notamment à Cesson, où il y a quand même un très bon groupe. J'y vais vraiment dans l'optique de vivre les grandes heures du club. Il y en a eu avant, mais j'espère qu'on écrira de belles pages, et qu'elles seront gravées à jamais.

■ une expérience précoce en ligue des champions

Originaire de Belley (Ain), Maxime Derbier a tour à tour porté le maillot de Chambéry (2003-2004), Ivry (2004-2005), Montpellier (2005-2006), Nîmes (2006-2009) et Istres (2009-2013). Couvé à Chambéry par «l'entraîneur du siècle» Rudy Bertsch (découvreur des frères Gille, de Narcisse, etc.), il y a découvert la C1 à 17 ans. «Un autre monde. On y apprend énormément.»