Fauvette part conquérir la capitale

Camille Allain

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Soigneur à l'Ecomusée, Jean-Yves a longuement préparé Fauvette pour l'emmener à Paris.
Soigneur à l'Ecomusée, Jean-Yves a longuement préparé Fauvette pour l'emmener à Paris. — C. ALLAIN / APEI / 20 MINUTES

Ces derniers jours, Fauvette est un peu la star de l'Ecomusée de Rennes. La vache de 3 ans représente la race Froment du Léon au Salon de l'agriculture à Paris. Une espèce à faible effectif que l'Ecomusée s'efforce de préserver.

Un beurre exceptionnel


« Dans les années 1960, l'agriculture s'est spécialisée et a un peu abandonné certaines races de vaches pour privilégier les plus productives. Notre mission ici, c'est de les sauvegarder, et de montrer qu'elles ont toutes leur utilité », explique Jean-Paul Cillard, zootechnicien à l'Ecomusée. Après avoir frôlé la disparition dans les années 1990, la Froment du Léon compte aujourd'hui 280 femelles, alors qu'elles étaient 25 000 dans les années 1950. « Nous menons toute l'année une mission scientifique pour permettre la reproduction de ces espèces. Emmener Fauvette au Salon de l'agriculture, c'est un peu la reconnaissance de notre travail. On veut montrer la diversité », ajoute le zootechnicien. D'autant que la jolie blonde de 500 kilos offre un lait d'une qualité rare. « Elle produit moins mais son lait est très riche en matière grasse. C'est une race beurrière qui produit un beurre doré très fin », poursuit Jean-Paul Cillard. « Le meilleur beurre qui soit », selon les connaisseurs.

Des moutons à Paris


Pendant une semaine, Fauvette va parader dans les halls porte de Versailles. « Cela fait un mois qu'on l'entraîne à marcher doucement. Mais on voit qu'elle stresse un peu », confie Jean-Yves, soigneur depuis dix ans à l'Ecomusée. Qu'elle se rassure, Fauvette ne sera pas la seule Rennaise sur place. L'Ecomusée emmène aussi ses moutons de Belle-Ile, des Landes de Bretagne et d'Ouessant, « les plus petits au monde ».

« Au total, nous avons ici une vingtaine d'espèces à faibles effectifs », poursuit Jean-Paul Cillard. Coucou de Rennes, cheval breton ou chèvre des fossés sont ainsi préservés. « C'est un patrimoine génétique mais aussi culturel », conclut le zootechnicien.