«là, on marche vraiment sur la tête»

propos recueillis par jeremy goujon

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Stéphane Heulot en 2011, lorsque son équipe s'appelait encore Saur-Sojasun.
Stéphane Heulot en 2011, lorsque son équipe s'appelait encore Saur-Sojasun. — sojasun

La formation russe Katusha ayant récupéré sa licence World Tour, il n'y aura que trois wild-cards (contre quatre en 2012) délivrées pour la prochaine Grande Boucle (22 équipes au total). Annoncée mardi, la décision laisse un goût amer à Stéphane Heulot.

Avez-vous reçu un coup sur la tête avec l'initiative prise par ASO ?

Qu'est-ce que je peux y faire ? Et que peuvent faire les organisateurs, sincèrement ? Ils ne peuvent pas mettre 30 équipes… Mais c'est quand même assez incroyable : le circuit World Tour a commencé, une équipe n'y était pas, maintenant elle y est. Au départ, il y avait donc 18 équipes, finalement il y en aura 19. Ça ne veut plus rien dire… Ça ne veut plus rien dire depuis un petit moment déjà, mais là, on marche vraiment sur la tête. Ceci étant, je n'ai pas le moral dans les socquettes pour autant.

Jonathan Hivert s'est offert la 2

e

étape de la Ruta del Sol. Soit la meilleure publicité possible...

On n'est pas ProTeam, donc on a à convaincre sportivement pour légitimer notre participation sur le Tour [Sojasun est candidat à une invitation]. Notre seul moyen d'expression, c'est de gagner des courses, du moins d'apporter des arguments. Le contexte est un peu particulier, avec une situation rocambolesque qui n'est même pas réglementaire. On est malheureusement dans un rafiot sans gouvernail (sic).

En attendant, tout roule pour vous...

Je suis ravi du comportement général. Aujourd'hui, Jonathan gagne. Après-demain, ce sera peut-être Julien Simon sur Paris-Nice, Brice Feillu à un autre moment, et j'en passe certainement. Ce que je constate, c'est que ça fait quatre ans qu'on existe au niveau Continental Pro. On doit être rendus à près de 80 victoires si mes calculs sont justes. On nous faisait le reproche de ne pas avoir de « grands noms »... L'équipe est vraiment soudée, appliquée, avec des vraies valeurs, et ça marche. J'en suis très fier.

Hivert peut-il remporter le général en Andalousie, ce mercredi ?

Gagner, c'est de toute façon notre devise. Avec le jeu des bonifications, pourquoi pas [le Tourangeau a 25 secondes de retard sur le leader]. Aujourd'hui [mardi], il bat Tyler Farrar de manière nette, comme la veille avec Valverde. Ça me contente déjà beaucoup.