Ille-et-Vilaine: Huit personnes interpellées après une nuit de barbarie à Bruz

FAITS DIVERS Un jeune homme a été retrouvé agonisant dans un chariot

Jérôme Gicquel

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Thierry Pocquet du Haut-Jussé, procureur de la République.
Thierry Pocquet du Haut-Jussé, procureur de la République. — J. GICQUEL / APEI / 20 MINUTES

«Un degré de cruauté assez insoutenable.» C'est en ces termes que Thierry Pocquet du Haut-Jussé, procureur de la République de Rennes (Ille-et-Vilaine), a qualifié la violente agression survenue dans la nuit de lundi à mardi à Bruz. A 6h30 mardi matin, les pompiers ont découvert devant un appartement du centre-ville un homme de 21 ans gisant nu dans un chariot de supermarché.

«Son corps portait un nombre considérable de lésions faisant penser à des actes de torture», a expliqué le procureur jeudi après-midi lors d'une conférence de presse. L'examen médico-légal de la victime, qui était toujours jeudi soir toujours dans le coma au CHU, va confirmer l'atrocité des faits.

Les scènes de torture filmées

 Dans ce dossier de quatre pages, il y est fait mention de «viol anal, brûlures au niveau des parties génitales, multiples plaies par arme blanche, scarifications, tuméfactions au niveau de la face». Le tout filmé par ses agresseurs, fortement alcoolisés, qui l'ont torturé toute la nuit dans un appartement avant de l'abandonner devant le logement où il était hébergé. Le matin même, huit personnes ont été interpellées par les gendarmes. Ses principaux agresseurs présumés sont un homme de 27 ans, déjà condamné dix-sept fois pour diverses infractions, ainsi que deux mineurs, âgés de 16 et 17 ans. Cinq autres personnes, dont deux femmes, ont également été placées en garde à vue. Entendus jeudi par un juge d'instruction, ils ont reconnu les faits.

Vengeance à la suite d'un vol

Une information judiciaire pour «viol avec torture et actes de barbarie», passible de la réclusion criminelle à perpétuité, a été ouverte contre les trois principaux agresseurs. Les cinq autres personnes devraient, quant à elles, être mises en examen pour «complicité de crime» pour l'une, et «non-empêchement de crime» pour les autres. Le parquet a également requis le placement en détention de cinq d'entre eux.

Ce déchaînement de violence se serait déroulé dans un contexte de vengeance. «La victime avait été entendue il y a quinze jours pour un vol qu'il avait reconnu et dans laquelle il impliquait également deux de ses agresseurs», a indiqué le procureur de la République. Ils devaient être convoqués début février pour répondre de ces faits.