Chauffer

Camillle Allain

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La centrale de cogénération biomasse produira chaleur et électricité en brûlant du bois.
La centrale de cogénération biomasse produira chaleur et électricité en brûlant du bois. — C. ALLAIN / APEI / 20 MINUTES

Sur les bords de la rocade sud, un imposant cube de métal dépasse désormais du talus. Derrière l'amas de terre se cache en fait le chantier de construction de la centrale biomasse, débuté en mars et qui sera achevé pour l'été. « C'est une installation de cogénération, c'est-à-dire qu'elle pourra produire de la chaleur et de l'électricité uniquement par la combustion de bois », explique Stéphane Guenroc, responsable grands projets chez Dalkia, entreprise en charge du chantier. La centrale alimentera à partir de l'été le quartier du Blosne, et viendra ainsi épauler la vieille installation au gaz existante. Le projet présente bien entendu un grand intérêt écologique, puisqu'il utilise une énergie renouvelable présente en abondance dans la région. « Nous brûlerons 110 à 115 000 tonnes de bois par an, dont 80 % de déchets forestiers non exploitables », explique le chef de projet. Les branches et résidus de scierie seront collectés par des entreprises spécialisées et acheminés jusqu'à la centrale, grâce à une vingtaine de trajets quotidiens effectués par camion.

« Et les agriculteurs ? »


Pour préserver l'aspect écologique, le bois sera puisé au plus loin à 100 km de Rennes. Mais ce sont les quantités qui inquiètent l'association Eau et Rivières de Bretagne. « Utiliser la biomasse, c'est une bonne idée. Mais vues les quantités, on va râper les ressources du département en cinq ans », avance Paul Pegeaud, membre de l'association. « Quand on aura usé la biomasse, on sera obligés de planter des arbres sur des centaines d'hectares. Et les agriculteurs, on les mettra où ? », s'interroge le militant. « L'inquiétude est légitime car les quantités sont colossales. Mais le plan d'approvisionnement a été bien réfléchi. Il a d'ailleurs été validé par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) », répond Stéphane Guenroc. « Nous n'utilisons pas du bois noble, mais des branches et des résidus qui n'étaient jusqu'ici pas valorisés », ajoute l'ingénieur. ■