L'innovation sauve l'emploi

Camille Allain

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Dans un contexte économique morose, Rennes Atalante apparaît comme un village d'irréductibles Gaulois résistant encore et toujours à la crise. En un an, la technopole a vu 1 036 emplois se créer et 301 disparaître, soit une création nette de 735 emplois sur les 19 137 qu'elle abrite. « La tendance est similaire à 2011. Nous confirmons la stabilité de notre croissance », se réjouit Claude Labit, président de Rennes Atalante. Sans surprise, c'est le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) qui tire la technopole vers le haut avec une croissance de 4 % du nombre d'emplois. « On pense souvent aux TIC dans les télécoms, mais elles sont aussi présentes dans les domaines de la santé, de la création et de la culture », détaille le président.

« Un territoire attractif »
Si les entreprises de TIC rennaises se portent bien, c'est en grande partie grâce à l'innovation, à en croire Jacques Le Mancq, président de Broadpeak. Créée en 2010, sa société fournit des équipements aux opérateurs téléphoniques pour développer la vidéo à la demande et les web TV. « Quand on se bat contre des géants américains, il faut tout miser sur l'innovation, pour faire gagner de l'argent à nos clients », explique-t-il. Les PME s'appuient pour cela sur la matière grise. « Nous avons recruté des anciens salariés de Thalès ou Technicolor qui apportent leur savoir-faire. L'avantage de Rennes, c'est l'attractivité de son territoire. Nous avons réussi à faire venir des ingénieurs de la région parisienne attirés par le cadre de vie », ajoute Jacques Le Mancq.

Difficultés de recrutement
Les PME se heurtent même à des difficultés de recrutement. « Il y a des tensions sur le marché du travail des TIC, car nous n'avons pas assez d'ingénieurs sur place », avoue Gwenaële Hamon, vice-présidente de Rennes Métropole déléguée au développement économique. Et ce malgré la présence d'écoles reconnues à Beaulieu. « Il faut que les étudiants voient Rennes comme un tremplin dans leur carrière. La plupart des stagiaires que nous accueillons sont embauchés par la suite », explique le président de Broadpeak, qui espère engager une dizaine de nouveaux salariés en 2013.