Les migrants de Pacé sontdans l'attente

Jérôme Gicquel

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Armelle Bounya, militante du Dal, rend visite à la famille Daley, originaire de Mongolie.
Armelle Bounya, militante du Dal, rend visite à la famille Daley, originaire de Mongolie. — J. GICQUEL / APEI / 20 MINUTES

La tension monte au squat de Pacé et les événements de ces derniers jours ne sont pas de nature à apaiser les esprits. Mardi après-midi, une violente rixe a ainsi éclaté entre des membres des communautés mongoles et tchétchènes, qui occupent illégalement cette ancienne maison de retraite depuis six mois, faisant sept blessés dont deux graves. Mais c'est bien la date du 15 novembre qui trotte dans toutes les têtes. Ce jour-là, le squat devra être évacué sur décision de justice, et ce malgré la trêve hivernale des expulsions qui ne s'applique pas pour les squats. Faute de quoi, les migrants pourraient alors être délogés par la force. Pour leur venir en soutien, près de 200 personnes se sont rassemblées mercredi soir à l'appel de plusieurs collectifs. « Il y a 250 personnes, dont 70 enfants, qui habitent ici . Que vont-elles devenir quand elles seront expulsées ? », s'indigne Armelle Bounya, militante du collectif Droit au Logement. « D'autant que la préfecture ne nous a proposé aucune solution de relogement. »

« Des logements vides »
Mère de famille de trois enfants, Oyuntuul sait qu'elle devra quitter les lieux. « C'est bien pourtant ici. On peut dormir au chaud, cuisiner et les enfants vont à l'école. Maintenant je suis inquiète car je ne sais pas du tout où nous irons dans les prochains jours, surtout avec un bébé de quatre mois », témoigne cette jeune femme mongole.
Certains ont déjà pris les devants en évacuant une partie de leurs affaires pour ne pas les perdre en cas d'expulsion. Une situation inadmissible pour Willy Bayanga, président du conseil des migrants. « On va tout droit vers une situation dramatique si on jette ces familles à la rue en plein hiver. Les autorités doivent trouver des solutions car il y a plein de logements vides à Rennes. Malheureusement, personne ne veut nous entendre ».
Interrogée sur le sujet, la préfecture n'a pas souhaité s'exprimer, attendant d'être saisie d'une demande d'huissier de recours à la force publique.