Les fouilles à nu font débat

Jérôme Gicquel

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Le tribunal administratif de Rennes examinait mercredi une requête de la section française de l'Observatoire international des prisons (OIP) demandant la suspension des fouilles intégrales systématiques des détenus au centre pénitentiaire de Vezin-le-Coquet. Le 17 octobre, l'OIP avait déjà obtenu gain de cause auprès de la justice qui avait décidé d'annuler ce régime à la prison des femmes de Rennes. Pour Clara Rouget-Aranibar, juriste à l'OIP, ces fouilles à nu, menées à chaque sortie du parloir et à chaque entrée et sortie de l'établissement pénitentiaire, sont « illégales et portent atteinte à l'intégrité des personnes détenues ».

Le soutien des avocats
La démarche de l'OIP est soutenue localement par l'Ordre des avocats de Rennes et la Fédération nationale des unions de jeunes avocats (FNUJA). « Ces fouilles systématiques perturbent les relations avec nos clients. Certains peuvent se dire que s'ils ne vont pas voir leur avocat, ils n'auront pas à subir de fouilles. Il s'agit là d'un obstacle à l'exercice de leur défense », estime Me Launay, représentant la FNUJA. Lors de l'audience, le ministère de la Justice n'était pas représenté. Mise en délibéré, la décision sera rendue d'ici huit jours.