Les biscuits bretons en quête de protection

Jérôme Gicquel

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Au royaume du beurre salé, on ne touche pas aux joyaux culinaires que sont le palet et la galette. Concurrencés par des industriels peu soucieux de la qualité et de l'origine des produits, les professionels du secteur ont décidé de réagir en se fédérant autour de l'Association de promotion et de défense de la biscuiterie et pâtisserie bretonne. Objectif affiché : décrocher l'Indication géographique protégée (IGP) délivrée par Bruxelles, un label équivalent à l'AOC (Appelation d'origine contrôlée). Un dossier sera d'abord déposé pour le palet. La galette bretonne suivra dans la foulée.

Un cahier des charges instauré
L'enjeu est de taille pour ce secteur qui emploie près de 5 000 personnes dans les cinq départements de la Bretagne historique. « Il s'agit de reconnaître un savoir-faire qui est ancré dans un territoire et d'instaurer un cahier des charges précis pour éviter de tromper le consommateur sur la qualité des produits », précise Jean-Marc Fleurot, président de l'association et gérant de la biscuiterie Le Dréan, basée à Guégon dans le Morbihan. Si l'IGP est accordée, le palet breton ne pourra donc plus être produit en dehors du territoire breton et devra comporter « au minimum 25 % de beurre » dans sa recette de fabrication. « Ce n'est pas une mesure protectionniste mais de protection de nos produits », se défend Jean-Marc Fleurot. Les professionels du secteur vont devoir désormais s'armer de patience, la décision deBruxelles n'étant attendue que d'ici « deux à cinq ans. »

lES igp BRETONNES

D'autres produits phares de la gastronomie bretonne disposent déjà d'une Indication géographique protégée. C'est le cas de la farine de blé noir, des volailles de Janzé, de la coquille Saint-Jacques des Côtes d'Armor et du cidre de Bretagne.