Le foyer Saint-Benoît ne suffira pas

Camille Allain

— 

Vendredi, l'ambiance était détendue au foyer Saint-Benoît Labre. Ouvert il y a un an et demi, l'établissement dispose depuis le début du mois de quarante places d'hébergement d'urgence pour les personnes en difficulté. Mais en marge de l'inauguration, le directeur de la structure tempère son enthousiasme : « C'est un bel endroit, qui nous permet de mettre à l'abri des personnes en détresse. Mais nous sommes complets tous les soirs depuis le premier jour. » Egalement président du 115, le Samu social, Patrick Faussier se dit « inquiet » avant l'arrivée de l'hiver. Car dehors, les températures ont chuté. « Nous recevons de plus en plus de demandeurs d'asile et de jeunes sans aucune ressource », confie le directeur.

Et si le squat ferme ?
Au 115, on s'inquiète aussi de la fermeture à venir du squat de Pacé (lire encadré). Là-bas, 300 personnes auraient trouvé refuge. « Il faut que l'Etat réfléchisse à une solution, sinon on aura un réel problème. » « Nous sommes confrontés à des tensions dans la région, malgré l'augmentation du nombre de places d'hébergement d'urgence », concède le préfet Michel Cadot. Il faudra trouver une formule pour assurer une rotation. Le discours est difficile, mais il faudra que l'on libère les places prises par les personnes dont la présence est indue. »Si personne ne souhaite voir des familles à la rue, la contrainte financière prend le dessus. « Nous pouvons mettre à disposition des logements, mais qui va payer l'électricité et le chauffage ? Nous n'avons pas les moyens de le faire et l'Etat non plus », répond Guy Potin, vice-président de Rennes Métropole en charge de l'habitat. Il faudra attendre le 1er novembre et le début du plan grand froid pour voir s'ouvrir des places supplémentaires.

Pacé déborde

Ouvert début mai, le squat de Pacé accueille près de 300 migrants. L'endroit devra pourtant être évacué au plus tard le 15 novembre.