Pourquoi les polars sont-ils addictifs ?

CULTURE Le polar est le genre littéraire le plus apprécié des Français

Louis Eustache - 20 Minutes Production

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Le roman noir ne s'est jamais aussi bien porté.
Le roman noir ne s'est jamais aussi bien porté. — GettyImages

80 000 amateurs de roman noir sont attendus au festival Quais du Polar du 6 au 8 avril prochain à Lyon. Un chiffre qui illustre le succès populaire d'un genre porté par des auteurs stars (Mary Higgins Clark, Lisa Gardner, Michael Connelly...). Le polar est également chouchouté par les maisons d’édition. A l'image de la maison d’édition Le Livre de Poche, dont le catalogue fait la part belle aux nouvelles signatures noires. Mais au fait, pourquoi le crime se porte-t-il si bien ?


1. Un lecteur impliqué dans l'histoire   


Parcourir un polar, c’est un peu participer à un jeu de piste qui vous tiendra en haleine jusqu’au point final. Au fil des pages, le lecteur scrute l’attitude des personnages, examine les indices, échafaude ses propres hypothèses et se laisse surprendre par les multiples rebondissements. Il outrepasse ainsi sa condition de simple spectateur pour devenir un véritable enquêteur. Certes, sans pouvoir de décision, mais qui progressivement affine son flair et ses intuitions.

Conseil de lecture : Le tricycle rouge de Vincent Hauuy, qui vous surprendra jusqu’à la dernière ligne.

2. Des personnages brisés


Un commissaire poussé dans ses retranchements, un proche d’une victime en quête de vengeance, un assassin en cavale qui n’a plus rien à perdre… L’omniprésence de personnages meurtris constitue probablement le dénominateur commun de tout bon polar. La tension émotionnelle ambiante et les cicatrices profondes de ces protagonistes rendent leurs actions imprévisibles… Et offrent au lecteur de multiples rebondissements !

Conseil de lecture : Toxique de Niko Tackian, pour son personnage Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, hanté par de nombreux démons.

3. Un miroir de la société 


Le succès du roman noir s’explique aussi par sa capacité à dépeindre des réalités dans lesquelles le lecteur peut se reconnaître. Constance Trapenard, responsable éditoriale au  Livre de Poche, explique ainsi que « dans la littérature noire, une intrigue peut servir de prétexte à explorer un problème de société. En partant de quelque chose de très concret, comme un meurtre, il est possible d'aborder le racisme, les inégalités ou le terrorisme. »

Conseil de lecture : Derrière les portes de B.A. Paris. Un huis-clos diabolique au sein d’un couple en apparence parfait, qui aborde le sujet des violences conjugales.

4. Un plongeon en eaux troubles


Dans un polar, le cadre spatio-temporel ne se limite pas à contextualiser l’intrigue. Il permet également d’installer une tension dramatique et donc de conditionner le comportement des personnages. Univers inquiétant ou au contraire faussement idyllique : changez l’enquête de cadre et elle prendra une tournure totalement différente. Différentes ambiances mais un même objectif : glacer le sang du lecteur.

Conseil de lecture : Canicule de Jane Harper. Une petite communauté rurale du sud-est de l’Australie, une chaleur accablante, une sécheresse sans précédent, des fermiers désespérés… 


5. La diversité du genre


Il existe une palette de déclinaisons du polar aujourd'hui. Citons-ici le thriller psychologique, le polar nordique, le roman d’espionnage, le roman noir et social, le polar historique... Cette variété a permis de diversifier le lectorat. Comme le constate Margaud Liseuse, libraire et booktubeuse qui compte 60 000 abonnés à sa chaîne : « Le polar s’est déployé et touche de plus en plus de lecteurs. » Et notamment ceux férus traditionnellement de littérature générale. 

Conseil de lecture : Un cri sous la glace de Camilla Grebe, la nouvelle révélation du polar nordique.