Du coup de coeur au coup de poker

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L'art contemporain objet de spéculation ? Au lendemain de l'ouverture de la Foire internationale d'art contemporain (Fiac) à Paris, c'est un fait, les collectionneurs ne sont plus les seuls à courir les galeries. « Il n'est plus rare de voir de jeunes amateurs acheter 200 euros un dessin d'un artiste encore peu connu, mais dont on sait que la cote va monter », note-t-on à la maison de vente Cornette de Saint-Cyr, à Paris.

Un pari risqué Les prix débutent à environ 150 euros , sans somme plafond. Et le tarif moyen des oeuvres d'art contemporain a augmenté de 20 % en France entre 2001 et 2005. Mais Nathalie Moureau et Dominique Sagot-Duvauroux, dans Le Marché de l'art contemporain (La Découverte), assimilent cet investissement à un coup de poker. « Des hausses de prix exceptionnelles témoignent du caractère spéculatif de l'art contemporain. Hormis quelques cas isolés, le risque est grand et la rentabilité pas toujours assurée. »

Galeries ou enchères Les galeries recèlent de nouveaux talents, les font connaître et fixent leurs prix, incluant une commission de 50 %. Les salles de ventes aux enchères, elles, ne revendent que des artistes déjà sur le marché. Une fois l'oeuvre adjugée, acheteur et vendeur paient chacun 15 et 20 % de frais supplémentaires.

La cote des artistes Pour la connaître, s'adresser à des critiques, galeristes et experts ou s'inscrire sur www.artprice.com, un site qui référence plus de 340 000 artistes et propose un service d'estimation.

Fiscalités Les particuliers devraient bientôt bénéficier de cadeaux fiscaux, à l'image des entreprises, qui déduisent 50 % du prix d'une oeuvre de leurs impôts.

Assurance Elle s'impose. La multirisque habitation peut couvrir une oeuvre inférieure à 1 500 euros . Sinon, des sociétés d'assurance spécialisées (Hiscox Assurance, Axa art...) déterminent la formule adéquate et proposent de réévaluer l'oeuvre régulièrement.

Pour le beau Le plaisir est esthétique avant tout. A moins d'être spécialiste, la vraie question à se poser reste : « Cette oeuvre ira- t-elle bien chez moi ? » Jérôme Milcendeau, 29 ans, qui vient d'acquérir sa première toile pour 400 euros , confirme : « Je voulais une oeuvre unique qui me plaise. Je n'ai pas eu une démarche spéculative, mais si je la revends, une plus-value serait la cerise sur le gâteau. »

Jeanne Dréan