Martine Aubry «ne déteste pas Macron mais sa politique n'est pas bonne pour la France»

VOEUX La maire de Lille est revenue sur la situation du pays à l’occasion de ses vœux à la presse ce jeudi…

Francois Launay

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Martine Aubry, lors des vœux à la presse, en janvier 2018.
Martine Aubry, lors des vœux à la presse, en janvier 2018. — G. Durand / 20 Minutes
  • La maire de Lille a évoqué la situation du pays lors de ses vœux à la presse.
  • Très critique envers Emmanuel Macron, la maire de Lille se dit malgré tout favorable au grand débat national.
  • Elle appelle aussi à une union sociale-démocrate aux élections européennes.

En 2019, Martine Aubry passe à l’offensive. A l’occasion de ses vœux à la presse exprimés ce jeudi midi, la maire de Lille en a profité pour revenir sur la crise sociale que traverse le pays depuis deux mois. Et l’ancienne première secrétaire du PS n’a pas épargné Emmanuel Macron.

Très critique avec le président de la République depuis longtemps, Martine Aubry a assuré que ce n’était pas un problème de personne, mais d’idées. « Je ne déteste pas le président de la République. Je n’ai pas envie de me rendre malade à cause de Macron. Je me bats pour les idées, et sa politique n’est pas bonne pour la France. Ses mots ont blessé », rappelle la maire de Lille, qui estime que le président a sa part de responsabilité dans la crise que traverse le pays.

« Macron a une fascination pour ceux qui ont réussi »

« La crise que traverse notre pays a des racines profondes qui ne datent pas d’hier. A ce déclassement et cette impression d’abandon s’est ajouté le mépris de la part du président de la République. » Et la maire de Lille de rappeler les phrases qui ont choqué les Français avant de mettre un nouveau tacle au locataire de l’Elysée.

« J’attendrai des mots plus durs du Président pour les évadés fiscaux ou encore ceux qui partent avec un parachute doré quand ils plantent une entreprise. Mais Macron a une fascination pour les gens qui ont réussi, ceux qui ont de l’argent. » Outre Macron, Marlène Schiappa, Benjamn Griveaux ou encore Gilles Le Gendre en ont aussi pris pour leur grade pour leurs « multiples déclarations consternantes ».

Elle prône une liste d’union des partis de gauche aux européennes

Reste que la maire de Lille se dit favorable à la mise en place du grand débat national à condition que les dés ne soient pas pipés. « Il faut dire clairement les choses. A Lille, on sait que pour ça marche bien, il faut des règles. Il faut que tout remonte et qu’on soit capable d’écouter et d’expliquer. Ce qui peut m’inquiéter par contre, c’est la lettre envoyée aux Français. Elle ne dit pas un mot sur le pouvoir d’achat et exclut l’ISF. Je pense que les dés sont quand mêmes pipés, ce qui n’empêche pas que je sois favorable à ce qu’on discute. Mais il faudra plus qu’un débat pour sortir de cette crise profonde. Il faut un véritable changement politique en France comme en Europe. »

A ce propos, la maire de Lille est favorable à une union entre différents partis de gauche (écologistes, PS, Générations, Place publique…) pour les élections européennes. « On est à un tournant de l’histoire. Si on n’est pas capable de présenter un autre projet social-démocrate, l’extrême droite gagnera en Europe. Il faut qu’on arrive à se réunir. Je ne suis pas optimiste mais il faut qu’on aille jusqu’au bout », insiste la maire de Lille.