Robert Badinter, l’homme de l’abolition de la peine de mort, nous a quittés

Diaporama Retrouvez, en images, la vie de l’ancien ministre de la Justice

Olivier Juszczak
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Portrait de Robert Badinter à la Cour de cassation, à Paris, le 15 janvier 2018.
Portrait de Robert Badinter à la Cour de cassation, à Paris, le 15 janvier 2018. — LUDOVIC MARIN/AFP

L’ancien avocat, ministre de la Justice et président du Conseil constitutionnel, Robert Badinter, est décédé à l’âge de 95 ans, le 9 février 2024. En tant que garde des Sceaux, il a porté devant le Parlement la loi sur l’abolition de la peine de mort promulguée le 9 octobre 1981, sous la présidence de François Mitterrand.

20 Minutes revient, en images, sur les moments forts la vie de cet homme de droit.

Réalisation : Olivier JUSZCZAK

  • Brigitte Bardot et son avocat Me Robert Badinter se rendant au palais de justice de Paris, le 21 novembre 1962.
    Brigitte Bardot et son avocat Me Robert Badinter se rendant au palais de justice de Paris, le 21 novembre 1962. — UPI/STF/AFP

    Né en 1928, à Paris, dans une famille d’origine juive, son père meurt en déportation dans le camp de Sobibor (Pologne) en 1943. Après la guerre, Robert Badinter choisit des études de droit pour devenir avocat.

  • Conférence de presse de François Mitterrand et Robert Badinter pour présenter la « charte de liberté » du PS, à Paris, le 13 mai 1975.
    Conférence de presse de François Mitterrand et Robert Badinter pour présenter la « charte de liberté » du PS, à Paris, le 13 mai 1975. — MINGAM/SIPA

    Homme de gauche, Robert Badinter soutient le premier secrétaire du Parti socialiste François Mitterrand dans ses combats politiques.

  • L’ouverture du procès de Patrick Henry, 18 janvier 1977.
    L’ouverture du procès de Patrick Henry, 18 janvier 1977. — STF/AFP

    Engagé contre la peine de mort, il co-défend le criminel Patrick Henry accusé du meurtre du petit Philippe Bertrand en 1976. Le procès qui s’ouvre le 18 janvier 1977 devient celui de la peine de mort en France. Grâce à la plaidoirie de Robert Badinter, les jurés font condamner Patrick Henry à la réclusion à perpétuité et lui évitent la peine capitale.

  • Premier Conseil des ministres sous la présidence de François Mitterrand, le 24 juin 1981, à l’Elysée.
    Premier Conseil des ministres sous la présidence de François Mitterrand, le 24 juin 1981, à l’Elysée. — STF/AFP

    Après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République le 10 mai 1981, Robert Badinter devient ministre de la Justice. Le 24 juin 1981, il arrive au palais de l’Elysée pour participer à son premier Conseil des ministres.

  • Robert Badinter à l’Assemblée.
    Robert Badinter à l’Assemblée. — MORVAN/SIPA

    « J’ai l’honneur, au nom du gouvernement de la République, de demander à l’Assemblée nationale l’abolition de la peine de mort en France ». Robert Badinter, garde des Sceaux, ouvre le débat sur la loi abolissant la peine de mort en France en prononçant cette phrase, le 17 septembre 1981, à l’Assemblée nationale. La loi sera promulguée le 9 octobre.

  • Élisabeth Badinter, le 17 septembre 1981, à l’Assemblée nationale.
    Élisabeth Badinter, le 17 septembre 1981, à l’Assemblée nationale. — PIERRE GUILLAUD/AFP

    Élisabeth Badinter, l’épouse du ministre de la Justice assiste aux débats dans l’Assemblée nationale, le 17 septembre 1981.

  • Robert Badinter et Jean-Jacques Gomez, président du syndicat des magistrats, lors du congrès des magistrats, le 22 avril 1983, au palais de justice de Paris.
    Robert Badinter et Jean-Jacques Gomez, président du syndicat des magistrats, lors du congrès des magistrats, le 22 avril 1983, au palais de justice de Paris. — PHILIPPE WOJAZER/AFP

    Robert Badinter sera ministre de la Justice du 23 juin 1981 au 19 février 1986. Il mettra en œuvre des projets de loi issus des 110 propositions du programme de François Mitterrand comme la dépénalisation des relations homosexuelles avec les mineurs de plus de 15 ans (1982), ou l’indemnisation des victimes d’accident de la circulation (1985).

  • Le 4 mars 1986, à l’Elysée.
    Le 4 mars 1986, à l’Elysée. — PHILIPPE BOUCHON/AFP

    Le président de République François Mitterrand nomme Robert Badinter à la présidence du Conseil constitutionnel le 4 mars 1986. ll occupera cette fonction jusqu’en 1995. Il prête ici serment avec Robert Fabre, nommé membre du Conseil constitutionnel, au palais de l’Elysée.

  • Robert Badinter, le 16 juillet 1992, à Paris.
    Robert Badinter, le 16 juillet 1992, à Paris. — GERARD FOUET/AFP

    Pour le 50e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, François Mitterrand est le premier président de la République à venir commémorer cette tragédie en en déposant une gerbe de fleurs. Il se fait pourtant siffler pour avoir déclaré quelques jours auparavant que ce n’était pas la République française qui était responsable mais l’Etat de Vichy. Robert Badinter prend alors la parole : « Vous m’avez fait honte ! Vous m’avez fait honte en pensant à ce qui s’est passé là, vous m’avez fait honte ! […] Taisez-vous ! Ou quittez à l’instant ce lieu de recueillement ! Vous déshonorez la cause que vous croyez servir ! »

  • Robert Badinter dans l’hémicycle du Sénat lors des élections sénatoriales, le 1er octobre 2001.
    Robert Badinter dans l’hémicycle du Sénat lors des élections sénatoriales, le 1er octobre 2001. — JEAN-PIERRE MULLER/AFP

    Robert Badinter sera ensuite élu sénateur des Hauts-de-Seine du 24 septembre 1995 au 30 septembre 2011.

  • Robert Badinter et Lilian Thuram, le 9 septembre 2013.
    Robert Badinter et Lilian Thuram, le 9 septembre 2013. — BERTRAND GUAY/AFP

    Il continuera ensuite à s’impliquer dans des projets qui lui tiennent à cœur. Robert Badinter plaisante ici avec l’ancien joueur de football français Lilian Thuram lors d’une conférence de presse au collège Samuel Beckett pour dévoiler la charte de laïcité dans toutes les écoles, à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), le 9 septembre 2013.

  • Robert Badinter et le président François Hollande sont au mémorial de la France combattante lors d’une cérémonie d’hommage à la résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale, le 21 février 2014, au mont Valérien, à Suresnes (Hauts-de-Seine).
    Robert Badinter et le président François Hollande sont au mémorial de la France combattante lors d’une cérémonie d’hommage à la résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale, le 21 février 2014, au mont Valérien, à Suresnes (Hauts-de-Seine). — DENIS ALLARD_POOL/SIPA

    En juin 2015, il publie Le Travail et la Loi avec le juriste Antoine Lyon-Caen, un ouvrage qui plaide pour réformer le Code du travail.

  • Robert Badinter et le Premier ministre Manuel Valls, le 26 janvier 2016.
    Robert Badinter et le Premier ministre Manuel Valls, le 26 janvier 2016. — ERIC FEFERBERG/AFP

    Le Premier ministre Manuel Valls demandera à Robert Badinter de fixer les grands principes de la réforme du Code du travail français. L’ancien ministre de la Justice lui remet son rapport, le 25 janvier 2016.

  • Robert Badinter dans son bureau parisien, le 27 avril 2017.
    Robert Badinter dans son bureau parisien, le 27 avril 2017. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

    Robert Badinter nous quitte à l’âge de 95 ans, le 9 février.

  • Portrait de Robert Badinter à la Cour de cassation, à Paris, le 15 janvier 2018.
    Portrait de Robert Badinter à la Cour de cassation, à Paris, le 15 janvier 2018. — FRANCOIS MORI/AP/SIPA

    Il restera dans l’histoire comme l’homme de l’abolition de la peine de mort en France.

  • Le président français Emmanuel Macron, Élisabeth Badinter, veuve de feu l’ancien ministre français de la Justice Robert Badinter, et des proches assistent à la cérémonie d’hommage national en l’honneur de Badinter, au ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris le 14 février 2024.
    Le président français Emmanuel Macron, Élisabeth Badinter, veuve de feu l’ancien ministre français de la Justice Robert Badinter, et des proches assistent à la cérémonie d’hommage national en l’honneur de Badinter, au ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris le 14 février 2024. — SARAH MEYSSONNIER/POOL/AFP

    Un hommage national avait lieu sur la place Vendôme, à Paris, ce mercredi 14 février.

  • Des gardes républicains portent le cercueil de l’ancien ministre français de la Justice Robert Badinter lors d’une cérémonie d’hommage national en son honneur devant le ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris, le 14 février 2024.
    Des gardes républicains portent le cercueil de l’ancien ministre français de la Justice Robert Badinter lors d’une cérémonie d’hommage national en son honneur devant le ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris, le 14 février 2024. — LUDOVIC MARIN/AFP

    C’est dans ce lieu symbolique et inédit que la France a salué la mémoire de l’ancien garde des Sceaux, devant le ministère de la Justice où il siégea de 1981 à 1986.

  • Le président français Emmanuel Macron (à gauche) prononce un discours devant le cercueil de l’ancien ministre français de la Justice Robert Badinter (au centre) lors d’une cérémonie d’hommage national en l’honneur de Badinter devant le ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris, le 14 février 2024.
    Le président français Emmanuel Macron (à gauche) prononce un discours devant le cercueil de l’ancien ministre français de la Justice Robert Badinter (au centre) lors d’une cérémonie d’hommage national en l’honneur de Badinter devant le ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris, le 14 février 2024. — LUDOVIC MARIN/AFP

    « Il était une âme qui crie, une force qui vit et arrache la vie aux mains de la mort », a déclaré Emmanuel Macron.

  • Le président français Emmanuel Macron rend hommage devant le cercueil drapé du drapeau du défunt avocat et ancien ministre français de la Justice Robert Badinter lors d'une cérémonie d'hommage national en son honneur, devant le ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris le 14 février. 2024.
    Le président français Emmanuel Macron rend hommage devant le cercueil drapé du drapeau du défunt avocat et ancien ministre français de la Justice Robert Badinter lors d'une cérémonie d'hommage national en son honneur, devant le ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris le 14 février. 2024. — SARAH MEYSSONNIER/POOL/AFP

    Le chef de l'Etat a affirmé que « le nom » de celui qui porta l'abolition de la peine de mort « devra s'inscrire » au Panthéon.

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