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strategieComment LR prépare la bataille sur l’immigration contre le gouvernement

Projet de loi immigration : Algérie, référendum… Comment Les Républicains préparent la bataille contre le gouvernement

strategieLa droite présentera ses textes sur l’immigration lors de sa niche ce jeudi, et mettra la pression avant l’arrivée du projet de loi gouvernemental en séance la semaine prochaine à l’Assemblée
Olivier Marleix et Eric Ciotti à l'Assemblée nationale.
Olivier Marleix et Eric Ciotti à l'Assemblée nationale.  - Jacques Witt/SIPA / SIPA
Thibaut Le Gal

Thibaut Le Gal

L'essentiel

  • La niche parlementaire permet ce jeudi à LR de proposer ses propres textes sur l’immigration.
  • Les Républicains souhaitent mettre la pression sur l’exécutif avant l’arrivée du projet de loi du gouvernement, la semaine prochaine, à l’Assemblée nationale.
  • Serrer les rangs, miner le terrain et agiter l’artillerie lourde… On fait le point sur le plan de bataille de la droite.

Comme une odeur de poudre dans l’air. Le projet de loi immigration du gouvernement arrivera lundi prochain dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale. Mais le texte adopté samedi dernier en commission est bien loin des attentes des Républicains. Eric Ciotti et ses généraux ont donc choisi d’utiliser leur niche parlementaire ce jeudi, durant laquelle ils auront la main sur l’agenda du jour, pour préparer le choc à venir contre les troupes macronistes. « Ce sera l’heure de vérité », souffle le député LR des Alpes-Maritimes Eric Pauget. On fait donc le point sur le plan de bataille de la droite.

Etape 1 : compter ses troupes

Avant de partir à la guerre, mieux vaut s’assurer de la cohésion de ses lignes. Et ces dernières semaines, Eric Ciotti a eu le plus grand mal à faire parler la droite d’une même voix sur le sujet migratoire. « Pas assez restrictif » sur la régularisation des travailleurs sans papier, « trop de compromis » avec le gouvernement… Sénateurs et députés ont passé leur temps à se chamailler sur la version du texte voté par la majorité de droite et du centre au Sénat.

« Le cheminement parlementaire est parfois compliqué. Mais sur la niche, députés et sénateurs sont d’accord », vante Anne-Laure Blin, députée LR du Maine-et-Loire. Notamment sur la fameuse loi constitutionnelle qui sera proposée dans cette niche. Elle permettrait d’organiser un référendum sur l’immigration. Cette mesure, soutenue par toute la droite, avait été annoncée dès mai dernier par le triumvirat Eric Ciotti, Olivier Marleix et Bruno Retailleau (chefs du parti, des députés et des sénateurs).

Etape 2 : miner le terrain

Ni Napoléon ni aucun stratège militaire ne dira le contraire : le choix du lieu d’affrontement est décisif. La droite a donc opté pour un terrain miné, en présentant dès l’ouverture de la niche une résolution appelant à la dénonciation, par les autorités françaises, de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Les élus LR jugent « obsolètes » ce texte bilatéral, qui crée un statut particulier pour les ressortissants algériens en matière de circulation, de séjour et d’emploi en France.

« L’enjeu, c’est de montrer les ambivalences du gouvernement puisque sur ce point, la majorité est déjà divisée », prévient Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais. Edouard Philippe avait lui-même indiqué en juin dernier vouloir revoir cet accord. Les élus Horizons pourraient donc voter la mesure LR… contre la volonté du gouvernement, de Renaissance et du MoDem. Avec cette cartouche, Les Républicains espèrent bien mettre à mal la (fragile) cohésion du camp présidentiel sur l’immigration.

Etape 3 : sortir « l’arme de destruction massive »

Pour impressionner le rival, mieux vaut sortir les muscles. Les Républicains ont déjà fait savoir que le sort de leur niche parlementaire de jeudi aura un fort impact sur les discussions sur le projet de loi immigration du gouvernement, qui commenceront la semaine prochaine. « S’ils balayent d’un revers de main nos deux textes, sur l’accord France-Algérie et la révision constitutionnelle, il y aura des conséquences », confirme Eric Pauget. « En cas de rejet, ça ne va clairement pas nous inciter à être gentils avec eux… », abonde Pierre-Henri Dumont.

« Sur un sujet régalien comme l’immigration, il faut qu’on marque clairement notre différence, reprend Pauget. Si on veut être visibles et audibles, on doit rester sur une ligne ferme ». Les LR font même planer la menace de « l’arme de destruction massive », selon les mots d’un élu. En clair : faire tomber le gouvernement en déposant une motion de censure, si l’exécutif utilisait un 49.3 pour son projet de loi.

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