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videoPourquoi cet élu a choisi de montrer les images du 7 octobre à l’Assemblée

Guerre Hamas-Israël : Les images du 7 octobre diffusées mardi à l’Assemblée… « Rien ne serait pire que l’oubli »

videoLe député Renaissance Mathieu Lefèvre a choisi de diffuser les images des massacres du 7 octobre aux députés, ce mardi à l’Assemblée nationale
Le député Renaissance Mathieu Lefèvre à l'origine de la diffusion de ce film monté par l'armée israéelienne.
Le député Renaissance Mathieu Lefèvre à l'origine de la diffusion de ce film monté par l'armée israéelienne.  -  Bertrand GUAY / AFP / AFP
Thibaut Le Gal

Propos recueillis par Thibaut Le Gal

L'essentiel

  • Une vidéo des massacres commis par le Hamas sur le territoire israélien le 7 octobre sera projetée mardi après-midi à l’Assemblée nationale.
  • Ce choix de montrer ces images, filmées par le Hamas et montées par les autorités israéliennes, suscite des critiques.
  • Le député Renaissance Mathieu Lefèvre, à l’origine de cette initiative, nous explique pourquoi il a choisi de montrer ce film aux 120 députés du groupe d’amitié France-Israël, dont il est le président.

Des images insoutenables diffusées à l’Assemblée nationale. Une vidéo des massacres commis par le Hamas sur le territoire israélien sera projetée mardi après-midi dans une salle du Palais Bourbon. Ce film, d’environ trois quarts d’heure, a été réalisé par les autorités israéliennes à partir d’extraits des caméras et de téléphones des commandos du 7 octobre, tués ou faits prisonniers, et d’images captées par des victimes et des secouristes. On y voit des tueries de civils, des cadavres décapités et des corps d’enfants brûlés, selon le récit des journalistes de Libération qui ont assisté à l’une des projections pour la presse.

Le député Renaissance Mathieu Lefèvre, à l’origine de cette initiative, nous explique pourquoi il souhaite montrer ces images aux 120 députés du groupe d’amitié France-Israël, qu’il préside, et répond aux critiques.

Pourquoi organiser une telle projection au sein de l’Assemblée ?

Il me paraissait indispensable de pouvoir témoigner de la réalité de ce qu’il s’est passé le 7 octobre. Une actualité en chasse souvent une autre, or rien ne serait pire que l’oubli face à la barbarie. Je suis motivé par la nécessité d’éviter toute prescription sur ces actes ignobles. C’est un moment de vérité et de lutte contre l’oubli, un moment qui permet aussi de se ressaisir face au terrorisme. Je redoute moi-même un peu les images de ce film. C’est pourquoi nous prévoyons un service médical avec des pompiers si jamais certains élus se sentent mal lors de la projection.

Vous ne pensez pas que les élus sont déjà bien informés de la réalité de cette attaque ?

Quand vous voyez, ces derniers jours encore, les propos de David Guiraud [le député insoumis est accusé d’avoir relativisé les actes du Hamas en attribuant à Israël des atrocités comparables. Il indique ce lundi qu’il sera présent à la projection], cela incite à lutter contre toutes les formes de négationnisme et de complotisme. Il est important de montrer les faits pour que personne ne s’en détourne. Les journalistes y ont eu accès, il n’est pas illégitime que les parlementaires l’aient aussi. Nous sommes acteurs de la vie publique, notre parole est également entendue.

Par ailleurs, il est important que ceux qui ont refusé de qualifier de terroriste le Hamas, ou l’ont même qualifié de ''mouvement de résistance'', puissent être confrontés à la réalité de ces images, et donc mis face à leurs responsabilités. Dans cette époque de confusion dans l’information, il est important de dire la vérité.

Ces images ont en partie été filmées par les commandos du 7 octobre dans le but de terroriser. N’est-ce pas faire le jeu du Hamas que de les diffuser ? C’est ce que pense votre collègue du groupe Renaissance, Éric Bothorel…

Le pire serait d’oublier le poids de la terreur, et d’oublier ce qu’ils ont voulu faire ressentir au peuple israélien. Ce n’est en rien une apologie de leurs actes ni de la fascination morbide. Les téléphones seront laissés dehors, pour que rien ne puisse être enregistré. Cela restera dans le secret de nos consciences, nous n’avons pas vocation à le montrer au grand public, mais en tant que relais d’opinion, de pouvoir en parler.

Il est important de montrer que le Hamas n’a pas seulement voulu tuer, mais aussi annihiler les victimes. Ce ne sont pas de simples assassinats, on ne peut pas bien le saisir si on ne voit pas crûment l’horreur. Il y a la terreur, la barbarie, et une forme de réjouissance morbide. Au-delà des actes, il y avait la volonté de faire le plus de mal possible.

Le film est un montage réalisé par Israël. N’est-ce pas problématique dans le contexte, alors que se joue aussi une guerre de communication ? Aymeric Caron [seul député LFI du groupe d’amitié France-Israël] vous a demandé de diffuser aussi des images des victimes palestiniennes à Gaza. Que lui répondez-vous ?

Il n’y a aucun doute sur l’authenticité de ces images qui, c’est vrai, ont été compilées par l’armée israélienne. Elles sont hélas authentiques. Il ne s’agit pas, comme j’ai pu le lire, de faire le choix d’un camp à la place d’un autre. L’objet n’est pas de chercher à justifier la réponse de l’armée israélienne, ce n’est ni le lieu ni l’objet. Nous ne sommes pas là pour rentrer dans la concurrence victimaire. Je rappelle d’ailleurs que tout doit être fait pour protéger les populations civiles et éviter toute réponse indiscriminée.

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