Présidence de l'UMP: Les lézardes d'une campagne «exemplaire»

POLITIQUE L'élection interne à l'UMP essaie de ne pas tourner au règlement de comptes entre responsables...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-François Copé et François Fillon, le 26 mai 2012, à Paris.
Jean-François Copé et François Fillon, le 26 mai 2012, à Paris. — T.SAMSON / AFP

La campagne pour l’élection à la présidence de l’UMP, arbitrée fin novembre par les militants, peut-elle être fair-play? Les favoris de cette élection, Jean-François Copé et François, s’y essaient cahin-caha.

Plutôt qu’attaquer frontalement le rival sur sa ligne politique ou ses manques supposés, Jean-François Copé et François Fillon préfèrent louer «le rassemblement» de la famille UMP, se disputer le titre de premier opposant au président de la République et se poser en héritier légitime de Nicolas Sarkozy.

Crise et urgence des réformes, 35 heures, l’insécurité, les sujets ne manquent pas. L'ancien Premier ministre veut supprimer, dans un entretien paru vendredi au Figaro, l'horaire légal de travail hebdomadaire de 35 heures et donner la possibilité aux entreprises de négocier directement avec les salariés. Jean-François Copé, invité de la matinale de France Inter ce vendredi matin, argumente sur la suppression annoncée des tribunaux correctionnels des mineurs récidivistes, ou encore la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat.

«Confusion des genres»

Mais les lézardes apparaissent dans cette campagne qui se voudrait exemplaire. L’une des principales piques de la semaine est signée Jean-François Copé, qui, en visite dans la Sarthe, -les anciennes terres de François Fillon- lance: «Moi, je fais campagne auprès des militants, pas des barons». Au même moment, l’ancien Premier ministre rencontre ses soutiens parisiens sur la très chic place Saint-Germain. Candidat populaire vs candidat bourgeois, le filloniste Laurent Wauquiez ne goûte guère la petite phrase à son avis «ridicule», et estime que Jean-François Copé a franchi «la ligne jaune».

Le camp Fillon attaque d’ailleurs cette même semaine sur le «problème d’équité» de la campagne, critiquant l’utilisation des moyens du parti par l’actuel secrétaire général. Jeudi, l’ancienne ministre filloniste Valérie Pécresse dénonce sur BFM TV qu’«il y a un problème d’équité dans cette campagne (…) Il y a des candidats qui ont le fichier des adhérents d’autres qui ne l’ont pas, il y a des candidats qui envoient des lettres aux adhérents avec l’argent de l’UMP d’autres qui ne le font pas (…) Il y a utilisation des moyens du parti et confusion des genres.»

Premier opposant au président de la République

Riposte vendredi matin de Jean-François Copé sur France Inter: «Il y a des petits procès d'intentions. Je vois dans la région Ile-de-France qu'il y a énormément de bulletins François Fillon qui circulent. C'est vous dire comme tout cela est aléatoire et finalement assez équilibré dans le reproche».

Les humeurs des uns et des autres resteront-elles contrôlées jusqu’à la fin novembre? Les universités d’été du parti qui se tiennent samedi et dimanche au Touquet, et où seront présents tous les prétendants, risquent d’échauffer les esprits. Mais les responsables de l’UMP le promettent, cette campagne restera exemplaire.