Présidence de l’UMP: Le ton monte subitement entre Copé et Fillon

POLITIQUE Les appels à la démission du secrétaire général se multiplient alors que l'intéressé fustige des «petites phrases médiocres»...

Alexandre Sulzer

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François Fillon et Jean-François Copé, le 26 mai 2012.
François Fillon et Jean-François Copé, le 26 mai 2012. — AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

«Quand il y a une compétition entre les hommes, il y a toujours des dérapages de part et d’autre», assurait, en vieux routier de la politique, Alain Juppé mercredi matin sur I-Télé. Et de fait, le ton monte de plus en plus entre les camps Copé et Fillon dans la course à la présidence de l’UMP.

Sur le fond: les critiques se font de plus en plus virulentes sur le maintien de Jean-François Copé au poste de secrétaire général, accusé par ses détracteurs d’être à la fois juge et partie dans la compétition. «Il n’a pas clarifié comment il séparait ses activités de chef de parti et de candidat, s’étrangle le député filloniste Jérôme Chartier, probable futur porte-parole de l’ancien Premier ministre. Comment ses collaborateurs, payés par l’UMP, pourraient-ils ne pas participer à sa campagne? C’est l’opacité la plus totale.»

MAM, Juppé et Méhaignerie, les Casques bleus

Pour apaiser les tensions, Alain Juppé se dit prêt à participer à un éventuel «conseil des sages» pour assurer l’intérim. Une initiative pour laquelle la gaulliste Michèle Alliot-Marie et le centriste Pierre Méhaignerie ont fait savoir qu’ils se rendraient disponibles. Une offre de service qui a l’apparence d’un geste pacificateur – l’ancienne ministre de la Défense fait même le parallèle avec les Casques bleus – mais qui lorgne plus vers la peau de banane à l’encontre de Jean-François Copé.

Mercredi matin, le secrétaire général de l’UMP, passablement énervé, a opposé une fin de non-recevoir: « Il y a des statuts, nos délibérations au bureau politique ont déjà traité cette question. Tout cela va se tasser.» Et de balayer le parallèle avec Martine Aubry, qui s’était mise en retrait de son poste de Première secrétaire du PS lors des primaires: à l’UMP, il ne s’agirait pas d’une primaire mais d’une simple «élection interne».

David contre Goliath

Autre reproche formulé à l’encontre de Jean-François Copé: son accès aux fichiers de militants qui transformerait la pêche aux parrainages – il en faut 8.000 pour se présenter – en un combat de «David  contre Goliath», selon Jérôme Chartier. La riposte n’a pas tardé. David-Xavier Weiss, secrétaire national de l’UMP et proche de Roger Karoutchi, codirecteur de campagne de Jean-François Copé,a dénoncé mercredi l’utilisation qu’aurait faite Valérie Pécresse, soutien de François Fillon, des listings du groupe UMP du conseil régional d’Ile-de-France.

Dans ce contexte tendu, Jean-François Copé dit, dans une interview au Figaro Magazine, avoir «regretté certaines petites phrases médiocres venues de quelques amis de François» Fillon. Et d’assurer, mardi soir, lors d’un café politique, à ses jeunes soutiens: «Vous êtes sous ma protection. Si vous recevez des textos de menace, vous me les apportez et je m'occupe du reste.» Le ton est donné. «On rentre dans la réalité de la campagne», en conclut Jérôme Chartier.