Non-cumul des mandats: François Rebsamen rejette l'engagement d'Hollande

Maud Pierron

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François Rebsamen et François Hollande, lors de la campagne présidentielle le 6 février 2012 à Dijon.
François Rebsamen et François Hollande, lors de la campagne présidentielle le 6 février 2012 à Dijon. — P. KOVARIK / AFP

Comme si la passe d’armes avec les écologistes sur le nucléaire ne suffisait pas… François Rebsamen, président du groupe PS au Sénat, réclame ce mardi que les sénateurs puissent continuer à cumuler les mandats. Alors même que ce week-end, Jean-Marc Ayrault a répété que la loi sur le non cumul des mandats, un des 60 engagements de François Hollande, allait bientôt voir le jour. «Il n’y a pas de débat sur oui ou non faut-il instaurer le non cumul, c’est un des soixante engagements de François Hollande», «il y aura un projet de loi du gouvernement» après la fin des travaux de la commission Jospin en octobre, a répondu samedi à La Rochelle (Charente-Maritime) le Premier ministre à un jeune socialiste.

Sauf que le Premier ministre le sait bien, cet engagement, très populaire parmi les militants, est rejeté par de nombreux parlementaires, notamment les sénateurs qui mettent en avant le fait que le Sénat représente l’ancrage local. «Je plaide pour que les sénateurs qui représentent les collectivités locales puissent garder leur mandat local», a affirmé le sénateur-maire de Dijon (Côte-d’Or) sur RMC. Jean-Marc Ayrault et François Hollande étaient d’ailleurs des cumulards notoires et ce n’est que sous la pression des militants et de Martine Aubry, qui l’avait fait voter par les militants dans le projet pour la présidentielle et dans celui pour la rénovation en 2009, qu’il a dû le reprendre à son compte.

Ecarté du PS par Aubry

Dimanche justement, Martine Aubry, qui sait les réticences de son camp sur le dossier, a encore mis la pression sur l’exécutif. Lors de son discours de clôture, elle a pris à partie ceux qui ne souhaiteraient pas se plier à l’engagement présidentiel: «Nous sommes le parti qui a décidé le non cumul des mandats, je vous laisse applaudir, allez-y, allez-y!» Et de recueillir une énorme salve d’applaudissements, et des «merci Martine!» Et de rappeler que chaque député a signé lors de son investiture une lettre par laquelle il s’engage à démissionner de son exécutif local d’ici à la fin du mois de septembre.  «Il y aura une loi pour l’imposer à l’ensemble des partis mais il y a un PS en avance et dès le mois de septembre, j’attends que tous les députés qui ont pris l’engagement renoncent à leur exécutif local», a-t-elle martelé sous les applaudissements.

Evidemment, la sortie de François Rebsamen n’est pas anodine. Il est le patron des sénateurs socialistes et c’est un proche de François Hollande. Qui visait la tête du PS lors du prochain congrès jusqu’à ce que Martine Aubry mette un véto sur son nom. «Tout sauf Rebs.» A l’Elysée, on a acquiescé pour ne pas «emmerder Martine» dont le pouvoir de nuisance inquiète. Il a donc dû retirer sa candidature et laisser Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis en lice. «Rebs» n’a pas oublié. Et se permet de défier François Hollande et Martine Aubry