Jean Francois Copé and François Fillon, lors d'une réunion de l'UMP, le 26 mai 2012
Jean Francois Copé and François Fillon, lors d'une réunion de l'UMP, le 26 mai 2012 — WITT/SIPA

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Deux styles, deux tons: Jean-François Copé et François Fillon engagent le fer pour présider l'UMP

Jean-François Copé était dans les Bouches-du-Rhône, pendant que François Fillon Fillon était en Sarthe...

Deux tons, deux styles: Jean-François Copé et François Fillon ont marqué leur différence en engageant ce dimanche leur duel pour la présidence de l'UMP, le premier officialisant sa candidature, le second, en lice depuis le 30 juin, faisant sa rentrée politique.

Les points communs? Pas de cravate, un décor champêtre dans une petite commune de province - Châteaurenard dans les Bouches-du-Rhône pour le secrétaire général de l'UMP, Saint-Denis-d'Orques (Sarthe), pour l'ex-Premier ministre qui retrouvait ainsi le département qui fut son fief pendant trente ans.

Ses pas dans ceux de Sarkozy

Pour le reste, tout opposait les deux rivaux. Debout, en chemise blanche, manches retroussées, sur fond de drapeaux dans la lumière provençale, Jean-François Copé a soigneusement mis ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy, rendant un long et appuyé hommage à son courage déployé «jusqu'à l'impopularité».

Comme en écho au «petit Français de sang-mêlé», autodéfinition du candidat Sarkozy en 2007, le député-maire de Meaux a lancé une déclaration d'amour à «la France», racontant qu'il était d'une famille où beaucoup étaient des «Français de préférence». Jean-François Copé a prévenu ce dimanche tous ceux qui critiqueraient l'action de Nicolas Sarkozy qu'ils «le trouveront sur leur route».

«Je le dis très clairement à tous ceux qui voudraient remettre en cause son action, ils me trouveront sur leur route pour défendre son bilan et sa personnalité», a averti Jean-François Copé, 48 ans. Ses soutiens avaient travaillé, dans les jours précédents, à creuser une faille entre Nicolas Sarkozy -toujours premier dans le coeur des sympathisants UMP selon un sondage - et celui qui fut son Premier ministre.

Une gauche de sectarisme

Ce dernier qui, dans Le Point, avait défini le fillonisme par des nuances avec le sarkozysme («approche plus sereine, plus pragmatique») a assuré que ce travail de sape ne l'impressionnait pas du tout. Sous un soleil intermittent, veste marine, assis pour cause de jambe dans le plâtre, le député de Paris a répliqué en substance que leurs parcours et styles respectifs étaient différents mais leur bilan commun.

Ceux qui veulent les séparer, a dit François Fillon sur un ton posé, «ça fait cinq ans que tous les matins, ils se réveillent» pour «mettre un coin» entre l'ex-président et lui-même. Les deux rivaux pour la présidence de l'UMP se sont retrouvés pour fustiger une gauche de «sectarisme», destructrice de l'oeuvre sarkozienne et ennemie de la croissance.

Pour Jean-François Copé, le président François Hollande, c'est carrément Louis-Philippe, dernier roi des Français, tandis que François Fillon moquait une «mise en scène grossière de la normalité».