Nucléaire: Valls soutient Montebourg, les écologistes agacés

ÉNERGIE e ministre du Redressement productif s'est notamment attiré les foudres de Denis Baupin...

M.Gr. avec AFP

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Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a dit dimanche sur BFM TV que "le nucléaire est une filière d'avenir" tout en reconnaissant qu'il fallait qu'il soit "rééquilibré".
Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a dit dimanche sur BFM TV que "le nucléaire est une filière d'avenir" tout en reconnaissant qu'il fallait qu'il soit "rééquilibré". — Jean-Pierre Muller afp.com

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a dit dimanche sur BFM TV que «le nucléaire est une filière d'avenir» tout en reconnaissant qu'il fallait qu'il soit «rééquilibré».

«Avec une augmentation continue de la consommation des ménages et industrielle, même en maintenant notre parc de centrales actuel, la question est de savoir si nous allons continuer à investir», a-t-il affirmé. «Pour ma part, je considère que le nucléaire est une filière d'avenir». Le ministre a reconnu que s'«il ne s'agit pas d'abandonner le nucléaire», il faut le «rééquilibrer».

Europe-Ecologie-Les Verts a fait part dimanche soir de son étonnement après ses déclarations, le parti écologiste y voyant des «propos isolés». «Nous réagissons en n'attachant pas plus d'importance que cela aux propos d'Arnaud Montebourg que nous connaissions déjà comme étant pro-nucléaire», a déclaré à l'AFP Jean-Philippe Magnen, porte-parole d'EELV. «Le président a annoncé un grand débat national sur l'énergie. Il a pris un certain nombre d'engagements de réduire la part du nucléaire», a-t-il ajouté.

Filière industrielle à développer

Interrogé sur BFM TV à propos des promesses du candidat François Hollande de réduire le nucléaire en France, Arnaud Montebourg a répondu que «la réduction (du nucléaire) se conjugue dans une équation à deux chiffres: la quantité de ce que l'on consomme chaque année, qui augmente, et l'offre».

«Nous avons besoin d'énergie et pas trop chère», a-t-il dit, et «la France a un atout extraordinaire entre ses mains [avec ses centrales nucléaires] qui lui a permis de bâtir son industrie». Grâce au nucléaire, l'industrie française a pu «passer les épreuves, y compris les chocs pétroliers, la crise...», a-t-il ajouté, «c'est une énergie abordable».

«Notre choix d'avoir une énergie pas chère, abordable et en quantité est stratégique», a-t-il insisté rappelant que plusieurs pays européens revenaient au nucléaire, «même le Royaume uni, droite, gauche confondues». «Nous participerons aux appels d'offres», a-t-il assuré. Pour sa part, la ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Delphine Batho, avait également dit qu'il n'avait «jamais été question ni de sortir ni d'abandonner le nucléaire».

S'exprimant à l'Assemblée nationale le 25 juillet, Delphine Batho avait affirmé que «tous les emplois de la filière seraient maintenus», tout en précisant qu'en matière de démantèlement des installations nucléaires, il y avait «une filière industrielle que nous devons développer».

Débat de «transition énergétique»

Durant la campagne présidentielle, François Hollande avait promis d'engager «la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% à l'horizon 2025», conformément à l'accord électoral qui avait été négocié dans la douleur entre le PS et les écologistes d'EELV. Ces derniers défendaient une sortie du nucléaire.

Mais le président a déclaré, avant et après son élection, qu'il fermerait durant son quinquennat une seule centrale, celle de Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne du parc nucléaire hexagonal, et qu'il achèverait la construction de l'EPR (réacteur de 3e génération) de Flamanville (Manche). Ce nouveau réacteur est censé entrer en service en 2016. Le gouvernement devrait lancer à la rentrée un grand débat sur la «transition énergétique», dans laquelle pourrait s'inscrire la réduction de la part du nucléaire dans le système électrique.

Remise en question des programmes de construction

Denis Baupin, vice-président (EELV) de l'Assemblée nationale a estimé dimanche que les propos d'Araud Montebourg étaient «en décalage total avec la réalité». «Partout dans le monde, au contraire, le nucléaire est en déclin», a-t-il écrit dans un communiqué, avant d'énumérer: «abandon en Allemagne, en Belgique, en Italie, abandon de fait au Japon, remise en question des programmes de construction en Chine, aux Etats-Unis».

«Partout les Etats considèrent aujourd'hui que les risques et les coûts liés à cette énergie dépassent largement ses avantages supposés», a poursuivi Denis Baupin, citant des estimations de la Cour des comptes selon lesquelles «un accident type Tchernobyl ou Fukushima» coûte «entre 600 et 1.000 milliards d'euros».

Pour lui, «le redressement productif ne passe pas par l'acharnement thérapeutique sur des technologies dépassées».