Université d’été du PS: L'héritage de Martine Aubry

POLITIQUE La première secrétaire a tracé la feuille de route de son successeur, notamment sur le non cumul des mandats...

Maud Pierron, à La Rochelle

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Martine Aubry lors de son discours de clôture de l'université d'été de La Rochelle, le 26 août 2012.
Martine Aubry lors de son discours de clôture de l'université d'été de La Rochelle, le 26 août 2012. — DUPUY/NOSSANT/SIPA

Elle avait promis de ne pas pleurer pour son discours de clôture de La Rochelle, elle a failli ne pas tenir son engagement. Alors que Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, Harlem Désir la rejoignent sur scène à la fin de son discours, les larmes lui montent aux yeux. C’était probablement son dernier discours ici puisqu’elle s’est résolue à passer la main. Mais à ses conditions. Alors, la première secrétaire a dressé son héritage qui pourrait être encombrant pour son successeur.

«Il faut épauler le gouvernement, expliquer le sens des mesures, la cohérence du projet», enjoint-elle aux militants et aux responsables socialistes. «Je me fixe quatre exigences dont on ne doit jamais dévier», lance-t-elle avant de dérouler sa feuille de route à l’intention de son successeur.

«Je vous laisse applaudir, allez-y!»

D’abord, «le soutien au président de la République doit être indéfectible et constructif», explique-t-elle, demandant aux militants d’ «écouter» les Français et de «faire remonter» les problèmes des Français.  «La deuxième exigence, c’est la poursuite de la réflexion» au parti, car «pour que la gauche s’inscrive dans la durée, il faut qu’elle prépare et anticipe», comme elle, elle  a su le faire en 2009 pour 2012, lorsque le PS était ce «grand cadavre à la renverse».

«La troisième exigence, c’est la rénovation», a-t-elle déroulé, évoquant les primaires, qui ont «renforcé» François Hollande. Et là, la patronne du PS a pesé de tout le poids dont elle dispose pour mettre les parlementaires réticents au non cumul  des mandats face à leurs responsabilités. «Nous sommes le parti qui a décidé le non cumul des mandats, je vous laisse applaudir, allez-y», demande-t-elle aux militants qui s’en donnent à cœur joie. Une longue salve d’applaudissements tombe, des «Merci Martine, Merci Martine» sont entonnés par une bonne partie de la salle.

«Soyez plus militants que jamais»

Elle regarde les 4.000 militants l’acclamer puis reprend: «il y aura une loi pour l’imposer à l’ensemble des parti mais il y a un PS en avance et dès le mois de septembre j’attends que tous les députés qui ont pris l’engagement [lors de leur investiture aux législatives] renoncent à leur exécutif local», s’enflamme-t-elle. Certains élus, notamment au Sénat, doivent tousser devant leurs écrans de télé devant ce qui est certainement l’un des derniers actes d’autorité de Martine Aubry. Enfin, «nous devons européaniser le travail que nous faisons au PS», c’est-à-dire «inscrire notre action dans le cadre européen».

Après plus d’une heure de discours où, très détendue, elle a multiplié les traits d’humour, là voilà proche de la conclusion, la gorge légèrement nouée. Elle conclut un peu abruptement, comme si elle n’avait pas su trouver les mots pour dire au revoir aux militants d'un parti qu'elle a mis du temps à aimer. «Je suis et je serai toujours une militante. Soyez plus militants que jamais».