EELV: C'est la rentrée pour le parti, qui cherche sa place dans la majorité

POLITIQUE Les cadres du parti s'opposent notamment sur la question de l'adoption du nouveau traité budgétaire européen...

Enora Ollivier

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Ségolène Royal et Cécile Duflot à Poitiers, le 21 août 2012.
Ségolène Royal et Cécile Duflot à Poitiers, le 21 août 2012. — ALAIN JOCARD / AFP

L’ambiance risque d’être électrique à Poitiers pour les journées d’été d’Europe Ecologie – Les Verts, qui commencent ce mercredi. Le parti écologiste fait en effet sa rentrée politique alors que des tensions apparaissent entre les cadres. Principale source de conflit à l’intérieur du parti: la place qu’occupent les ministres écologistes au sein du gouvernement, Cécile Duflot et Pascal Canfin, trois mois après leur nomination. Un premier trimestre de «cohabitation» qui a été marqué par des divergences de point de vue, sur la question des Roms notamment.

«En étant au gouvernement, Europe Écologie est responsable de la politique du gouvernement», a ainsi jugé Daniel Cohn-Bendit mardi. Selon l’eurodéputé, EELV n'a pas encore trouvé «la clef» pour réussir le «pari» d’être à la fois «au gouvernement et dans la société». Pourtant, «c’est maintenant que le problème se pose», a-t-il insisté, en affirmant que son parti devra prendre position «sur l’Europe, sur le nouveau traité fiscal».

Le traité européen au centre des tensions

Et c’est justement là que le bât blesse. Tandis que le Parlement s’apprête à ratifier en septembre le traité budgétaire européen renégocié par François Hollande, une partie des élus écologistes a montré son opposition à l’adoption du texte. Parmi eux, Jean-Vincent Placé, président du groupe des Verts au Sénat, et François de Rugy, co-président du groupe à l’Assemblée, qui ont déjà annoncé qu’ils voteraient contre. Une position soutenue par Eva Joly, qui plaide pour à un référendum sur ce traité afin de ne pas «escamoter le débat public».

«Le traité qu'on nous propose de voter est le traité "Merkozy"», estime l’ancienne candidate à la présidentielle dans une interview à Libération. Tout en profitant pour décocher une petite flèche à l’intention de Daniel Cohn-Bendit qui est, lui, favorable à l’adoption du traité: «Je suis d’accord pour prendre des leçons de politique avec Dany mais lui devrait prendre des cours d’économie avec moi».

Un risque «d’embourgeoisement»

«La solidarité gouvernementale ne doit pas nous condamner au silence», lance encore Eva Joly qui poursuit: «une présidence normale oui, mais je redoute de voir la gauche se normaliser». L’inquiétude est partagée par Noël Mamère qui, dans une interview à Sud Ouest, fait part de sa préoccupation quant à un risque d’un «embourgeoisement» d’EELV. «On a toujours eu un problème culturel avec une grande majorité de la gauche traditionnelle, le PC et le PS. Ce problème culturel devient politique maintenant que nous avons notre place dans les institutions», estime le député de Gironde.

Avec deux ministres, un groupe à l’Assemblée et un autre au Sénat - une situation inédite – EELV doit encore trouver sa place dans la majorité. Cette question – «des écologistes au gouvernement, pour quoi faire?» - sera d’ailleurs l’objet d’une plénière, jeudi, à Poitiers, en présence de Cécile Duflot et de Pascal Canfin. Delphine Batho, la ministre (socialiste) de l’Environnement, participera quant à elle à une autre conférence, sur  les modèles énergétiques du XXIe siècle.