Rentrée politique: François Hollande doit «passer à la vitesse supérieure», selon la presse

REVUE DE PRESSE Les éditorialistes estiment que le chef de l'Etat ne doit pas alimenter «le début d'un procès en immobilisme»...

C.C. avec AFP

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A la veille du Conseil des ministres de rentrée, François Hollande va devoir "passer à la vitesse supérieure", pour ne pas alimenter "le début d'un procès en immobilisme", selon les éditorialistes de la presse nationale et régionale.
A la veille du Conseil des ministres de rentrée, François Hollande va devoir "passer à la vitesse supérieure", pour ne pas alimenter "le début d'un procès en immobilisme", selon les éditorialistes de la presse nationale et régionale. — Patrick Kovarik afp.com

Une rentrée sur les chapeaux de roue. A la veille du Conseil des ministres de rentrée, c'est ce que souhaitent les éditorialistes de la presse nationale et régionale pour François Hollande qui va devoir «passer à la vitesse supérieure», pour ne pas alimenter «le début d'un procès en immobilisme».

«Depuis son élection, le chef de l'Etat a trop souvent donné l'impression d'être dans la peau d'un sportif qui ne sait quelle course courir», estime Vincent Giret dans Libération. Selon l'éditorialiste, François Hollande devra «démontrer d'autres qualités dans l'exercice du pouvoir: la lucidité d'un meneur de jeu, la clairvoyance d'un éclaireur et la puissance d'un catalyseur».

«Voici le moment d'aller au charbon!»

Nouveau style, nouvelle méthode, Le Monde prend acte de la gouvernance Hollande «mais cela ne fait pas encore une politique, moins encore une vision de l'avenir», juge le journal du soir qui commence à entendre «un refrain, de plus en plus insistant (...): le début d'un procès en atermoiement, voire en immobilisme».

«Voici le moment d'aller au charbon!», s'impatiente Jacques Guyon (La Charente Libre). «La séquence de la "normalitude" se termine, il va bien falloir passer à autre chose», estime Jacques Camus (La République du Centre). C'est-à-dire, «passer à la vitesse supérieure», selon Christophe Bonnefoy (Le Journal de la Haute-Marne).

«Le problème de Hollande est de ne pas susciter l'enthousiasme»

Tandis qu'Hervé Chabaud (L'Union) exhorte le gouvernement à briller par «l'audace de ses décisions» et le chef de l'Etat à passer du «style de président normal» à celui de «bâtisseur», Patrick Pépin (Nord-Eclair) liste les trois travaux à venir de François Hollande: «la dette souveraine», «l'Europe et l'euro» et «la reconstruction d'un appareil de production». «Trois tâches indispensables et qui exigent, selon l'éditorialiste, un sens du tragique, dont le Président et son équipe vont avoir besoin.»

La tâche sera compliquée car, selon Hubert Coudurier (Le Télégramme), «le problème de Hollande est de ne pas susciter l'enthousiasme». Raillant sa posture de normalité, l'éditorialiste espère «qu'il n'est pas seulement l'inventeur de slogans creux, propres à stigmatiser celui qui fut son rival (Nicolas Sarkozy)». Plus indulgent, Jacques Fortier (Les Dernières Nouvelles d'Alsace) veut croire que «les promesses du printemps ne sont pas toutes oubliées.» Avant de conclure, dans un optimisme contenu: «Reste à voir, dans les réalités de l'automne, de quoi elles vont enfanter?»