Jean-Claude Mailly presse le gouvernement de soutenir la demande

Avec Reuters
— 

Force ouvrière estime que le gouvernement français doit soutenir la demande pour enrayer les menaces de récession et la montée du chômage, même s'il lui faudrait pour cela renoncer à l'orthodoxie budgétaire.

Dans une interview au Monde daté de jeudi, le secrétaire général du syndicat, Jean-Claude Mailly, se félicite aussi de la «restauration d'un dialogue normal» avec les pouvoirs publics par rapport au quinquennat de Nicolas Sarkozy. «Sur la méthode, c'est plus sain qu'auparavant», dit-il, pour ajouter toutefois: «Mais cela ne suffit pas.»

Il y a «une demande de pouvoir d'achat des fonctionnaires»

S'il salue les mesures votées dans la loi de finances rectificative de juillet comme le «rééquilibrage» de l'impôt sur la fortune, il s'inquiète des réductions de dépenses annoncées dans les lettres plafond adressées aux ministres pour la préparation du projet de budget 2013.

Jean-Claude Mailly refuse au passage toute idée de stabilisation des effectifs de la fonction publique en échange d'une modération salariale, estimant qu'il y a «une demande de pouvoir d'achat des fonctionnaires». Il juge par ailleurs une nouvelle fois insuffisant le coup de pouce donné au smic et souhaite que les emplois d'avenir que le gouvernement veut développer s'accompagnent d'une formation, pour ne pas servir «seulement pour dégonfler les statistiques du chômage».

Refusant par avance toute flexibilité supplémentaire dans le contrat de travail, le secrétaire général de FO prône pour relancer la machine économique une politique de soutien à la demande interne. Il réclame plus particulièrement la mise en place d'urgence de la banque publique d'investissement projetée par le gouvernement pour pallier les difficultés de financement des PME-TPE et le rétablissement de l'allocation équivalent-retraite versée aux chômeurs ayant toutes leurs cotisations sans avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite. «Tout cela suppose de sortir des clous budgétaires mais il faut savoir ce que l'on veut», dit-il encore.