Une dizaine d'élus corses des partis traditionnels ont, pour la première fois depuis la création des journées nationalistes de Corte, participé dimanche à un débat avec les indépendantistes sur l'avenir institutionnel de l'île vers une certaine autonomie.
Une dizaine d'élus corses des partis traditionnels ont, pour la première fois depuis la création des journées nationalistes de Corte, participé dimanche à un débat avec les indépendantistes sur l'avenir institutionnel de l'île vers une certaine autonomie. — Pascal Pochard Casabianca afp.com

Politique

Corse: Des élus de partis traditionnels aux journées nationalistes de Corte

Une dizaine d'élus corses des partis traditionnels ont, pour la première fois depuis la création des journées nationalistes de Corte, participé ce dimanche à un débat avec les indépendantistes sur l'avenir institutionnel de l'île vers une certaine autonomie.

Devant un millier de personnes réunies à l'Université de Corse, plusieurs membres de l'exécutif de la Collectivité territoriale (CTC), dont la majorité est à gauche, et le député UMP de Corse-du-Sud Laurent Marcangeli ont notamment débattu de la co-officialité de la langue corse, de la question foncière face à la spéculation et de la réforme des institutions.

Pour «un dialogue franc et sans tabou»

«Ce qui se passe aujourd'hui est essentiel. Nous pouvons être suffisamment matures pour faire monter à Paris notre volonté de réforme», a déclaré Laurent Marcangeli. Plaidant pour «un dialogue franc et sans tabou», il a ajouté que «si un consensus (était) trouvé au sein de l'Assemblée de Corse», il pourrait, avec les autres parlementaires insulaires, défendre à Paris les réformes constitutionnelles nécessaires.

Les élus étaient invités par le parti indépendantiste Corsica Libera qui compte 4 élus (sur 51) à l'Assemblée de Corse et organise cette grand-messe nationaliste estivale dans la capitale historique de l'île. Au nom du parti socialiste, la conseillère exécutive Emmanuelle de Gentile s'est réjouie que depuis la victoire de la gauche aux élections territoriales de 2010, «le débat porte désormais au fond».

La démarche de convergence avec les indépendantistes, «une occasion à saisir»

Elle a également souligné que «la volonté de réforme (devait) venir de Corse». Représentant du courant nationaliste modéré, l'élu territorial Michel Castellani, représentant la coalition Femu a Corsica (Faisons la Corse, 11 élus), a estimé que la démarche de convergence avec les indépendantistes était «une occasion à saisir».

Pour le président de la commission sur l'évolution institutionnelle à l'Assemblée, Pierre Chaubon, l'initiative de Corsica Libera est la preuve d'une «maturité nouvelle» au sein de la classe politique insulaire. Pierre Chaubon a plaidé pour un nouvel élan de la décentralisation en Corse lors du débat qui débutera en octobre au Sénat. «Mais, a-t-il ajouté, il n'y aura pas d'issue en dehors de la République et en dehors de la violence sous toutes ses formes».